Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé vendredi 3 avril au matin un projet de loi de lutte contre le séparatisme complétant la précédente loi de 2021, avec de nouvelles dispositions permettant, par exemple, de dissoudre certaines structures.
« On a fermé énormément de structures associatives qui étaient dans le séparatisme islamiste, on a fermé aussi des lieux de culte, on continue à le faire, il y a énormément de contrôles d’accueils collectifs de mineurs (…) mais il y a un certain nombre de structures que l’on ne peut pas atteindre », a expliqué le ministre sur RMC/BFM-TV.
« On a un sujet sur le contrôle de l’accueil collectif des mineurs. Il faut qu’on puisse tous les contrôler, ce n’est pas le cas aujourd’hui », a dit le ministre. « On a aussi un sujet sur les publications pour les plus jeunes », a-t-il poursuivi.
Portée par le ministre de l’intérieur de l’époque, Gérald Darmanin, la loi sur le séparatisme adoptée en juillet 2021 contenait une batterie de mesures sur la neutralité du service public, la lutte contre la haine en ligne, la protection des fonctionnaires et des enseignants, l’encadrement de l’instruction en famille, le contrôle renforcé des associations, une meilleure transparence des cultes et de leur financement, ou encore la lutte contre les certificats de virginité, la polygamie ou les mariages forcés.
« Intraitable sur le séparatisme »
Le nouveau projet de loi a été déposé au Conseil d’Etat, a précisé le ministre, et doit être présenté en conseil des ministres à la fin du mois d’avril. Interrogé sur son calendrier législatif, M. Nuñez a répondu : « On verra à quel moment on l’inscrit, en tout cas, on le dépose et on continue à travailler sur ce sujet. » « Dans le même temps, on n’est pas les bras ballants, on a des textes juridiques qui nous permettent d’agir », a-t-il ajouté.
Le ministre de l’intérieur est aussi revenu vendredi matin sur une polémique autour d’un discours qu’il a prononcé le 12 mars à la Grande Mosquée de Paris, dans lequel il s’était dit opposé à l’interdiction du voile pour les mineurs dans l’espace public. Une sortie largement commentée par l’extrême droite sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Jeudi, Marine Le Pen a notamment accusé M. Nuñez s’« align[er] sur les positions communautaristes de l’extrême gauche » sur le voilement des mineurs.
« J’ai tenu un discours (…) d’une grande fermeté pour rappeler, comme je le fais à chaque fois, que (…) je suis intraitable sur le séparatisme, l’entrisme islamiste », a insisté le ministre vendredi. « Dans ce cadre-là j’ai parlé de mesures qui visent à éviter toute forme de stigmatisation. »
Il a rappelé que dans le « même temps », il avait, en effet, présenté son projet de loi pour renforcer la loi de 2021, ainsi que « l’interdiction du rassemblement des musulmans de France ». La Préfecture de police de Paris a interdit par arrêté, jeudi, la Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF), qui devait se tenir au Bourget (Seine-Saint-Denis) du 3 au 6 avril, notamment en raison du risque terroriste à l’égard de la communauté musulmane.
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