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AccueilReligions & SpiritualitéAu Colisée, Léon XIV porte la croix en présence de 30000 fidèles

Au Colisée, Léon XIV porte la croix en présence de 30000 fidèles

Les femmes, les opprimés, les prisonniers, les victimes des guerres et des injustices étaient au cœur des méditations du Chemin de Croix de Léon XIV au Colisée ce vendredi soir 3 avril. Que Dieu donne des larmes pour pleurer «sur les massacres et les génocides» ou «sur le cynisme des tyrans».

Alexandra Sirgant – Cité du Vatican

Cela faisait trente-deux ans qu’aucun Pape n’avait porté la croix tout le long de la Via Crucis. Pour sa première Pâques depuis son élection, Léon XIV a tenu à faire sien le douloureux chemin du Christ, celui de sa condamnation à sa mise au tombeau. «Je pense que ce sera un signe important, compte tenu de ce que représente le Pape: un chef spirituel dans le monde d’aujourd’hui, cette voix qui nous dit que le Christ souffre encore» avait lui-même déclaré Léon XIV aux journalistes à sa sortie de Castel Gandolfo mardi dernier, expliquant son geste comme étant une invitation à «toutes les personnes de foi, à cheminer ensemble, à marcher avec le Christ qui a souffert» pour les hommes.

Ce cheminement, auquel sont invités les fidèles, se déroule «dans un environnement chaotique, agité et bruyant», à l’image de l’époque de Jésus. Deux mille ans plus tard, «le croyant est continuellement mis au défi», reconnait le père franciscain Francesco Patton dans ses méditations, choisies cette année pour accompagner les dernières heures de la vie de Jésus. «Le Chemin de Croix n’est pas le chemin de ceux qui vivent dans un monde préservé dans sa ferveur et de recueillement abstrait, mais c’est l’exercice de ceux qui savent que la foi, l’espérance et la charité doivent s’incarner dans le monde réel».

Retrouvez ici l’intégralité des méditations du Chemin de Croix en français

Accompagné du maître des célébrations liturgiques et du cardinal-vicaire de Rome, Léon XIV a solennellement parcouru les quatorze stations du Chemin de Croix, s’arrêtant à chacune d’entre elle pour méditer sur des extraits des Évangiles et des écrits de saint François d’Assise, et adresser une prière de supplication, reprise en chœur par les 30 000 pèlerins rassemblés autour du Colisée, cierge à la main.

Plus de 30 000 fidèles présents au Colisée.   (@Vatican Media)

Servir les autres plutôt que de les dominer

«François d’Assise, qui a simplement cherché à suivre tes traces, nous rappelle que toute autorité devra répondre devant Dieu de la manière dont elle aura exercé le pouvoir qui lui a été confié», a rappelé la méditation lors de la première station, qui marque la condamnation à mort de Jésus par Ponce Pilate. Après avoir été chargé de la croix, Jésus chute une première fois, exténué par le poids du bois et ses blessures. Lors de la troisième station, qui commémore cet instant où le Seigneur trébuche, la méditation a rappelé que la vie même du Christ a été «une succession d’abaissements et de descentes». Jésus s’est dépouillé en se faisant homme. «Aide-nous, nous aussi, à choisir de rester à terre, aux pieds des autres, plutôt que de chercher à être en hauteur et à les dominer».

Pleurer sur les désastres des guerres

À la station suivante, Jésus rencontre sa Mère sur le chemin du Calvaire, et lui demande de «consoler les orphelins, spécialement à cause des guerres». Une imploration qui résonne fortement avec les drames qui déchirent le monde contemporain, tout comme lors de la huitième station lorsque Jésus rencontre les femmes de Jérusalem qui pleurent sa mort certaine: «Là où il y a une souffrance ou un besoin, les femmes sont présentes: dans les hôpitaux et les maisons de retraite, dans les communautés thérapeutiques et d’accueil, dans les foyers pour les mineurs les plus fragiles, dans les avant-postes les plus reculés de la mission pour ouvrir des écoles et des dispensaires, dans les zones de guerre et de conflit pour secourir les blessés et consoler les survivants». Dans sa méditation, celui qui fut custode de Terre Sainte de 2016 à 2025 demande au Seigneur de donner aux hommes «des larmes» pour pleurer «sur les désastres des guerres», «sur les massacres et les génocides» ou «sur le cynisme des tyrans».

Le Pape Léon XIV a porté la croix tout au long des quatorze stations de la Via Crucis.

Le Pape Léon XIV a porté la croix tout au long des quatorze stations de la Via Crucis.   (@Vatican Media)

«Apprends-nous la compassion»

Jésus est dépouillé de ses vêtements avant d’être cloué sur la croix à la onzième station. Il manifeste ainsi «que le pouvoir véritable n’est pas celui de ceux qui utilisent la force et la violence pour s’imposer», mais de «ceux qui se chargent du mal de l’humanité (…) et qui l’anéantissent par la puissance de l’amour qui se manifeste dans le pardon». Quand Jésus est descendu de la Croix, à la treizième station, le père Francesco Patton demande au Seigneur de «faire en sorte que notre époque, qui a perdu le respect des vivants, conserve au moins celui des morts» et qu’il apprenne aux hommes la compassion envers les prisonniers politiques, les familles d’otages ou les morts sous les décombres. Après avoir marqué à nouveau l’arrêt à la quatorzième et dernière station, où Jésus est déposé dans le sépulcre, le Pape Léon XIV a invité les fidèles à conclure ce moment de contemplation et de prière par la bénédiction que saint François portait à ses frères: «Que le Seigneur tourne vers vous son visage et qu’il vous apporte la paix».


Source:

www.vaticannews.va

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