Entre juillet et octobre, le festival propose une manière d’éclairer « une période un peu complexe » en 40 expositions, sous le titre générique « des mondes à relire ».
Publié le 02/04/2026 16:18
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Alors que la photographie s’apprête à célébrer ses 200 ans, les Rencontres d’Arles, un des principaux festivals internationaux consacrés à ce mode d’expression, ont pour leur 57e édition l’ambition de « relire » la complexité du monde actuel.
En 40 expositions, sous le titre générique « des mondes à relire », les Rencontres veulent ainsi, du 6 juillet au 4 octobre dans les Bouches-du-Rhône, « offrir des pistes pour appréhender le monde sous différents angles », explique le directeur Christoph Wiesner.
Une manière d’éclairer « une période un peu complexe », sans pourtant « être liés à l’actualité comme Visa pour l’image », le grand festival de photojournalisme de Perpignan.
Traditionnellement organisées en chapitres, les rencontres se penchent notamment cette année sur les « Indépendances ». Une grande exposition Ghana! Rêver l’indépendance retracera ainsi la construction d’un « imaginaire visuel » national dans cette ex colonie d’Afrique de l’Ouest, pionnière de l’émancipation politique et du panafricanisme.
Des questionnements politiques qui se retrouvent en écho dans les expos du chapitre « Traversées », de l’Afrique – comme l’odyssée continentale sur « le goudron » du franco-algérien Bruno Boudjelal – ou de la Méditerranée, avec trois présentations labellisées par la « saison Méditerranée 2026 » de l’Institut français.
Mais aussi dans le Being there (être là) du Anonymous Project, entreprise de conservation de clichés d’amateurs à travers le monde, qui présente une série de photos de la classe moyenne américaine blanche des années 1950/60, dans lesquelles est invité à « s’incruster » le portraitiste sénégalais Omar Victor Diop. « Introduire une présence noire dans cet univers ségrégué permet d’interroger le regardeur », souligne Aurélie de Lanlay, directrice adjointe des Rencontres.
Autre interrogation mise en avant, les « Vies sensibles » autres qu’humaines, flore et faune, avec notamment un retour sur 200 ans de photographie du « Modèle animal ». Un monde « longtemps considéré comme séparé du monde humain, mais on se rend compte de la porosité entre les deux, que ce monde a toujours été là, à côté de nous », relève Christoph Wiesner.
Et dans une période où l’image est de plus en plus facilement manipulée par l’intelligence artificielle, un chapitre se penche sur les « Archives incertaines », avec notamment une exposition consacrée aux « images extraterrestres », mêlant archives – souvent des photos de ciel avec une anomalie de lumière vite interprétée comme un ovni – et œuvres contemporaines.
Manière « d’explorer le rapport entre voir, ce que l’on croit voir et ce que l’on veut voir » en questionnant « le médium photographique, initialement conçu pour attester de la réalité », mais qui peut vite « déclencher des interprétations », analyse Christoph Wiesner.
Source:
www.franceinfo.fr




