Une féroce bataille n’en finit plus d’agiter le marché de la fibre optique dans les campagnes. Baptisés Oise Numérique, Tarn Fibre, Vendée Numérique ou Gironde Très Haut Débit, quelque 85 réseaux Internet à très haut débit ont été construits, ces dernières années, par les départements. Leur objectif : apporter la fibre optique à la population qui vit dans les territoires ruraux.
Subventionné par l’Etat, ce gigantesque chantier d’environ 13 milliards d’euros constitue un pilier du plan national d’installation de la fibre. Celui-ci a vu le jour en 2013 pour apporter une connexion Internet à très haut débit à tous les Français, et remplacer le vieux réseau ADSL, dont l’extinction s’accélère. Le problème, c’est que les gestionnaires de ces réseaux ruraux, qui les exploitent pour le compte des collectivités, déplorent, dans différentes régions, des surcoûts liés à la maintenance de leurs infrastructures. Tous redoutent de ne plus pouvoir les assumer dans les années à venir.
Si tel est le cas, les réseaux pourraient rapidement se dégrader, et engendrer une multiplication des pannes et coupures d’Internet. « Cela devient très critique, le modèle économique craque de partout », alerte Arnaud Van Troeyen, directeur général d’Altitude Infra, qui gère plus de 4 millions de lignes de fibre dans les campagnes. « A la fin de 2026, si rien ne change, 70 % de mes réseaux seront déficitaires, avec un trou de trésorerie cumulé de 118 millions d’euros », a-t-il prévenu le 31 mars, lors d’une conférence à Deauville (Calvados).
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Source:
www.lemonde.fr




