Dix-huit personnes ont été mises en examen dans le cadre d’une nouvelle opération antidrogue visant un important réseau implanté dans les quartiers nord de Marseille, dont neuf ont été incarcérées, a annoncé jeudi 2 avril le parquet.
Ce coup de filet, dans la cité des Oliviers (13ᵉ arrondissement), haut lieu du narcobanditisme, est l’aboutissement d’une enquête pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment, menée depuis deux ans par un magistrat de Marseille rattaché à l’Office anti-stupéfiants (Ofast).
Ce réseau approvisionnait, outre la cité, d’autres points de deal à Marseille, dans le Var et les Alpes-Maritimes. « Une femme était chargée de livrer en stups et en armes » ces lieux de trafic, notamment à Nice, Grasse et Fréjus, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) une source policière.
Plus de 45 000 euros par jour
Les enquêteurs estiment que l’ensemble des points de vente généraient un chiffre d’affaires de 16,5 millions d’euros par an, soit plus de 45 000 euros par jour. L’enquête a « permis d’établir l’ampleur du réseau et plus particulièrement sa structure très organisée et cloisonnée », a précisé le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, dans un communiqué.
Quelque 13 000 euros, 12,1 kilos de cannabis et 410 grammes de cocaïne ont été saisis, ainsi que deux armes de poing et d’autres imprimées en 3D, selon la même source. Ces derniers mois, la justice a accentué la pression sur le narcobanditisme marseillais.
Le 10 mars, une vaste offensive de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS), baptisée opération « Octopus », a visé la DZ Mafia, groupe criminel qui domine actuellement le marché de la drogue à Marseille : environ 900 gendarmes sont intervenus simultanément dans plusieurs départements, notamment les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse et le Gard. Ils ont interpellé une quarantaine de personnes, dont 26 ont été mises en examen.
Jusqu’à 300 policiers mobilisés quotidiennement
Le nouveau préfet de la région PACA, Jacques Witkowski, arrivé dans la cité phocéenne en décembre dernier, multiplie également les opérations de police « anti-narco ». « La stratégie que nous mettons en place [est] d’avoir des actions quotidiennes. A Marseille, tous les jours, jusqu’à 300 fonctionnaires de police sont engagés dans le pilonnage des points de deal », a-t-il assuré à la presse lors d’une intervention dans une cité du 14e arrondissement.
Selon le bilan de la préfecture, cette dernière opération de police – qui a mobilisé 900 fonctionnaires sur 15 points de deal durant deux jours – a abouti à 148 interpellations et 135 amendes ont été dressées contre des usagers.
Source:
www.lemonde.fr




