Donald Trump s’en est pris, mercredi 1er avril, à Emmanuel et Brigitte Macron lors d’un déjeuner privé, faisant suite à une série de remontrances contre les dirigeants de pays de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), à qui il reproche de ne pas prendre part à la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran.
« Macron, que sa femme traite extrêmement mal… il se remet encore du coup de poing qu’il a pris à la mâchoire », déclare le président américain dans une vidéo postée brièvement sur la chaîne YouTube de la Maison Blanche, qui en a ensuite fermé l’accès.
Il faisait vraisemblablement référence à une vidéo virale de mai dernier montrant Brigitte Macron porter les deux mains au visage du président français dans ce qui pouvait ressembler à un petit coup.
Donald Trump a aussi assuré avoir demandé au chef de l’Etat français un soutien militaire dans le Golfe : « J’ai dit : “Emmanuel, on aimerait bien avoir un peu d’aide dans le Golfe, même si on bat tous les records en matière d’élimination des méchants et de destruction de missiles balistiques.” » Puis, imitant son homologue avec un accent français : « “Non, non, non… on ne peut pas faire ça, Donald. On pourra le faire une fois la guerre gagnée.” »
« Ni élégants, ni à la hauteur », réagit Emmanuel Macron
Emmanuel Macron a réagi jeudi, lors d’une visite d’Etat en Corée du Sud, à ces déclarations du président américain. « Les propos que j’ai pu entendre ne sont ni élégants ni à la hauteur, et ils ne méritent pas de réponse », a déclaré le chef de l’Etat depuis Séoul. « Ça parle trop, et ça va trop dans tous les sens. On a tous besoin de stabilité, de calme, de retour à la paix, ce n’est pas un spectacle ! », a également lancé le président français à des journalistes en marge d’une visite d’Etat à Séoul, arguant que la vie publique mondiale est dominée par des « choses trop graves ».
Des responsables politiques français ont également réagi jeudi matin à cette nouvelle déclaration irrespectueuse de Donald Trump. « Franchement, ce n’est pas au niveau (…). On est en train de parler de l’avenir du monde, en ce moment en Iran, ça a des conséquences sur la vie de millions de personnes, des gens meurent sur les théâtres d’opérations et on a un président [américain] qui rigole, qui se moque des autres », a réagi sur Franceinfo la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.
« Vous connaissez l’ampleur de mes désaccords avec le président de la République, mais que Donald Trump se permette de lui parler comme ça et de parler comme ça de son épouse, je trouve ça absolument inacceptable », a réagi le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, sur BFM-TV.
Sur le fond, à travers ses réponses aux journalistes qui l’accompagnent dans sa mini-tournée au Japon et en Corée du Sud, le président français a également dressé un réquisitoire très dur contre la diplomatie américaine et la communication volubile de Donald Trump.
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Les menaces récurrentes de quitter l’Otan ? « Si on crée chaque jour le doute sur son engagement » au sein de l’Alliance atlantique, « on en vide la substance », a-t-il estimé, accusant les « autorités américaines » d’en prendre la « responsabilité ».
S’agissant de l’Otan comme du conflit au Moyen-Orient, « il faut être sérieux, et quand on veut être sérieux on ne dit pas chaque jour le contraire de ce qu’on a dit la veille », a encore dit Emmanuel Macron. Il a ainsi étrillé « une opération que les Américains ont décidé avec les Israéliens seuls », en ironisant sur le fait qu’ils déplorent à présent de ne pas être « aidés » par des alliés qu’ils n’ont pas consultés — et qui sont malgré tout frappés de plein fouet par la flambée des prix de l’énergie.
« Libérer » le détroit d’Ormuz serait « irréaliste »
Le président américain a exhorté la France et d’autres pays à intervenir militairement pour débloquer le , dans le Golfe, fermé de facto par la riposte iranienne à l’offensive américano-israélienne. Ce blocage empêche le transit du pétrole du Moyen-Orient, dont sont dépendants de nombreux pays, y compris le Japon et la Corée du Sud.
Le sujet du détroit d’Ormuz, pour lequel Donald Trump a exhorté la France et d’autres pays à intervenir militairement pour le débloquer, a par ailleurs été au coeur des entretiens d’Emmanuel Macron avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi et devait à nouveau être évoqué jeudi soir et vendredi avec le président sud-coréen Lee Jae Myung.
Une opération pour « libérer » le passage maritime stratégique par la force serait « irréaliste », a tranché le président français, car elle « prendrait un temps infini » et comporterait « des tas de risques ». Selon lui, la réouverture du détroit « ne peut se faire que de manière concertée avec l’Iran ». Il a donc encore une fois appelé à la négociation et au cessez-le-feu avec Téhéran, martelant que « ça n’est pas une action militaire ciblée, même sur quelques semaines, qui permet de régler dans la durée la question du nucléaire » iranien.
« S’il n’y a pas de cadre de négociation diplomatique et technique, la situation peut se redétériorer en quelques mois ou quelques années. Ce n’est que par une négociation approfondie, un accord (…) qu’on pourra s’assurer d’un suivi dans la durée et préserver la paix et la stabilité pour tous », a-t-il plaidé.
Source:
www.lemonde.fr




