La Cour suprême se plonge mercredi 1er avril dans une question au cœur même de l’identité américaine : l’acquisition de la citoyenneté par la naissance aux Etats-Unis, remise en cause par Donald Trump.
Les neuf juges, six conservateurs et trois progressistes, devront statuer sur le recours du gouvernement contre les décisions de juridictions inférieures, qui ont toutes conclu à l’inconstitutionnalité d’un décret signé par Donald Trump dès son retour à la Maison Blanche.
Ce décret, le plus contesté de son second mandat, revient sur le droit du sol pour les enfants d’immigrés en situation irrégulière afin de supprimer ce que le président actuel considère comme une incitation à l’immigration aux Etats-Unis.
Signe de l’importance qu’il attache à cette question, Donald Trump assiste en personne sur les bancs du public aux débats à la Cour suprême à partir de 10 heures, heure locale, une première pour un président en exercice, soulignent les médias américains.
S’attendant visiblement à un nouvel échec cinglant, il fulmine d’avance contre les juges, qu’il dit « idiots ». Le droit du sol « concerne les bébés d’esclaves », a-t-il écrit lundi sur son réseau, Truth Social, en référence au 14e amendement de la Constitution, adopté en 1868, après la guerre de Sécession, afin de garantir les droits des esclaves affranchis et de leurs descendants.
Le 14e amendement consacre le principe du droit du sol, selon lequel tout enfant né aux Etats-Unis est automatiquement citoyen américain. Appliqué depuis plus de cent cinquante ans, il a été sanctuarisé en 1898 par un arrêt de la Cour suprême reconnaissant que Wong Kim Ark, fils d’immigrants chinois né en Californie, était bien citoyen américain par sa naissance.
Le décret de Donald Trump interdit au gouvernement fédéral de délivrer des passeports, certificats de citoyenneté ou autres documents aux enfants nés aux Etats-Unis dont la mère y séjourne illégalement ou temporairement, et dont le père n’est pas citoyen américain ou résident permanent – titulaire de la fameuse « carte verte ». Sont également visés les enfants dont les parents résident temporairement aux Etats-Unis grâce à un visa étudiant, de travail ou de tourisme. La décision de la Cour est attendue d’ici au terme de sa session annuelle, qui s’achève fin juin.
Source:
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