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REPORTAGE. "On ne va pas se gêner" : surnommé le "Trump occitan", le maire RN de Carcassonne assume le retrait du drapeau européen du fronton de la mairie

Christophe Barthès a décroché le drapeau européen de l’hôtel de ville de Carcassonne. Le maire RN, également viticulteur, touche pourtant personnellement de l’argent de l’Union européenne.


Publié le 01/04/2026 12:55

Temps de lecture : 4min

Christophe Barthès, officiellement maire de Carcassonne depuis le 29 mars 2026, sous bannière RN. (VALENTINE CHAPUIS / AFP)

Le nouveau maire Rassemblement national de Carcassonne a décidé de retirer le drapeau européen de sa mairie. Une décision également prise par les maires RN de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritime) et Harnes (Pas-de-Calais). Ce n’est pas illégal, mais le gouvernement crie au populisme, d’autant que Christophe Barthès est viticulteur de métier, et qu’à ce titre, il a touché plusieurs centaines de milliers d’euros de l’Union européenne au titre de la politique agricole commune (PAC).

Trois drapeaux français ornent désormais le fronton de l’hôtel de ville et tout le monde lève le nez en passant devant. Le nouveau maire assume totalement son geste et ses administrés le soutiennent, comme Michel. « J’ai vu que notre nouveau maire avait retiré le drapeau de l’Europe. Sans regrets. L’Europe n’a rien fait pour nous », assène-t-il.

Comme tout le monde à ici, Michel a vu la vidéo du maire, filmée par ses équipes, au balcon, en train de retirer le drapeau aux douze étoiles. « Je pense qu’il défend les agriculteurs, étant lui-même viticulteur. On vient de signer avec l’Australie, le quota de bœuf australien est multiplié par dix », estime le Carcassonnais, faisant référence à un accord de libre-échange entre l’UE et Canberra signé le 24 mars.

Avec ses allures de colosse en costume cravate, Christophe Barthès nous reçoit sans rendez-vous dans un bureau vide, « encore dans les cartons ». Il n’y a pour l’instant que son buste en plâtre fétiche de Jeanne d’Arc et ce drapeau européen, plié dans un recoin. « On le garde pour le 9 mai [le Journée de l’Europe, NDLR.], c’est obligatoire », explique-t-il.

« Nous sommes dans la loi, c’est juste une question de symbole, poursuit le nouveau maire de Carcassonne. J’estime que le seul drapeau qui vaille sur la façade de notre mairie, c’est le drapeau français. » Lorsqu’on lui fait remarquer qu’il a lui-même reçu plus de 200 000 euros de la PAC, il rétorque : « On a qu’a nous payer, nous, paysans, le vrai prix de notre labeur, de nos céréales, de nos bêtes et de notre vin. On n’aura pas besoin d’avoir des aides de la PAC ».

Face à une telle défiance, pourquoi ne pas rendre les subventions européennes ? « Vous ne voulez pas non plus que je me mette tout nu sur la place publique ?!, s’exclame Christophe Bathès. Ce sont les Français qui envoient de l’argent à l’Europe et on en reçoit moins que ce qu’on donne. La reconnaissance, c’est plutôt l’Europe qui devrait en avoir envers nous. » Une affirmation à nuancer, car si la contribution nette de la France s’élève à dix milliards d’euros, elle bénéficie aussi de retours indirects dus à ses contributions à l’UE.

Le viticulteur est un ancien de la Coordination rurale, un syndicat agricole très hostile envers l’Europe. Il en a gardé le discours et le goût pour le buzz, selon son opposant socialiste, Alix Soler-Alcaraz. « C’est du populisme qui fait plus penser à Trump qu’à ce qu’on attend d’un maire de Carcassonne. On a Trump version Wish à Carcassonne », ironise-t-il.

Surnommé le « Trump occitan », Christophe Barthès sourit quand on évoque le sujet. « Je fais parler de moi, peut-être. Je fais parler de la commune, peut-être. En bien ou en mal, l’essentiel, c’est qu’on parle de vous », lâche l’édile. Quant à ceux qui s’inquiéteraient de voir disparaître les subventions européennes à Carcassonne, le maire assure, le plus sereinement du monde, qu’il compte bien continuer de les demander : « On ne va pas se gêner. Ils nous paieront comme tout le monde ».

« Ne vous tracassez pas, ce n’est pas un drapeau qui va changer quoi que ce soit. »

Christophe Barthès, maire RN de Carcassonne

à franceinfo

Toute cette polémique n’est pour lui qu’un coup d’éclat, dans le même genre que l’arrêté anti-mendicité qu’il a pris le soir même de son élection, dimanche 29 mars. Christophe Barthès a ensuite exhibé sa signature, en vidéo sur les réseaux sociaux, avec une mise en scène imitant Donald Trump dans le Bureau ovale.


Source:

www.franceinfo.fr

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