La Banque nationale d’Éthiopie a publié un nouveau règlement encadrant la nomination et le rôle des commissaires aux comptes des compagnies d’assurance, ainsi que les responsabilités des administrateurs en matière d’audit externe. Ce texte est entré en vigueur le 26 mars 2026. Cette initiative vise à structurer durablement le marché de l’assurance et à renforcer sa crédibilité au sein du système financier.
Intitulée « Directive n° SIB/64/2026 », cette réforme repose sur trois axes majeurs : les conditions d’agrément des actionnaires et dirigeants, l’encadrement des intermédiaires d’assurance et le renforcement de l’audit de l’information financière. Désormais, même les actionnaires minoritaires détenant seulement 2 % du capital devront obtenir l’aval du régulateur. Les dirigeants, quant à eux, devront répondre à des exigences strictes en matière de formation, d’expérience, d’intégrité et de solidité financière.
La directive introduit également des évolutions importantes en matière de gouvernance, notamment l’obligation d’intégrer des administrateurs indépendants et de promouvoir la mixité au sein des conseils d’administration. La banque centrale pourra en outre réévaluer en permanence l’éligibilité des dirigeants et actionnaires, avec la possibilité de suspendre des droits de vote ou de révoquer des responsables ne satisfaisant plus aux critères requis.
Le cadre de l’audit externe est lui aussi profondément revu. Les compagnies d’assurance devront désormais procéder à la rotation de leurs auditeurs tous les six ans et s’assurer que les équipes disposent d’une expertise solide en normes internationales d’information financière et en techniques d’assurance. L’indépendance des auditeurs est renforcée par des restrictions strictes sur les relations financières ou commerciales pouvant générer des conflits d’intérêts.
Les missions des auditeurs sont élargies : ils devront signaler activement toute fraude, faiblesse des contrôles internes, mauvaise valorisation des actifs ou risque pesant sur la solvabilité. La Banque nationale pourra accéder aux dossiers de travail, exiger des procédures supplémentaires et ouvrir des enquêtes si la qualité de l’audit est jugée insuffisante, faisant ainsi des auditeurs un maillon central du dispositif de supervision fondé sur les risques.
La transparence constitue un autre pilier de la réforme. Les assureurs devront publier rapidement leurs états financiers audités ainsi que des informations détaillées sur leurs profils de risque, leurs fonds propres, leurs méthodes d’évaluation et les incertitudes associées, afin de renforcer la discipline de marché et la responsabilité vis-à-vis des assurés et des investisseurs.
Enfin, la directive réforme en profondeur le secteur du courtage d’assurance. Elle introduit des conditions d’agrément plus claires, formalise le rôle des courtiers comme conseillers agissant dans l’intérêt des clients et impose des exigences minimales de qualification, d’expérience et d’assurance responsabilité professionnelle. Les sociétés existantes devront progressivement adopter des structures juridiques plus formelles et respecter des règles strictes de transparence, de protection des clients et de responsabilité fiduciaire.
Source:
www.financialafrik.com




