- Advertisement - spot_imgspot_img
AccueilSécurité & Justice"Un objet qui change complètement de fonction" : quand un tableau volé...

"Un objet qui change complètement de fonction" : quand un tableau volé devient une "caution" pour la mafia

Des tableaux de Renoir, Cézanne et Matisse ont été volés à Palerme. Invendables sur le marché légal, ils pourraient bien devenir des objets de valeur « qu’on se passe de caution en caution entre les mafias » explique Fabrice Bousteau, directeur de la rédaction de Beaux-Arts magazine.


Publié le 30/03/2026 14:59

Temps de lecture : 2min

Un carabinier à Rome (Italie), le 28 avril 2013. (FILIPPO MONTEFORTE / AFP)

Trois tableaux de maîtres, signés Renoir, Cézanne et Matisse, ont été dérobés dans la nuit du 22 au 23 mars à la fondation Magnani Rocca, près de Parme, en Italie. Une perte inestimable… et un grand point d’interrogation sur l’enjeu de ce vol. « Ce qui est fascinant, c’est que ces œuvres perdent toute valeur sur le marché légal », explique lundi 30 mars sur franceinfo Fabrice Bousteau, directeur de la rédaction de Beaux-Arts magazine.

« Chacun de ces tableaux va être enregistré à Interpol, donc c’est invendable sur le marché légal »

Fabrice Bousteau, directeur de la rédaction de Beaux-Arts magazine

à franceinfo

De la même que les bijoux volés au Louvre perdent leur valeur car trop facilement identifiables les tableaux vont probablement changer de nature, selon le journaliste. « Ces marchandises deviennent extrêmement précieuses dans l’économie criminelle. On est face à un objet qui change complètement de fonction, de bien culturel, il devient instrument financier clandestin. »

Pour Fabrice Bousteau, l’hypothèse la plus probable est que ces œuvres ont été « volées par des organisations criminelles, des mafias très organisées ». Elles peuvent servir d’objet de prestige ou être monnayées contre une rançon auprès du musée.

Mais ces tableaux peuvent aussi devenir des « gages financiers entre différentes mafias », c’est-à-dire qu’elles peuvent servir de caution lors de deals entre différentes organisations criminelles.

« En 1969, explique Fabrice Bousteau, il y a un Caravage qui a été volé en Italie, à Palerme, et qui n’a toujours pas réapparu. Parmi les hypothèses les plus sérieuses des experts, c’est que ce tableau passe de caution en caution entre les mafias pour la vente d’armes, de drogues, etc. (…) Un chef-d’œuvre devient ‘de la drogue’ qu’on se passe d’une mafia à une autre. (…) On est face à une forme de polar de l’art qui est toujours très excitante. »

La

La « Nativité avec saint François et saint Laurent » de Caravage (Wikimedia)

Ce même tableau, la Nativité avec saint François et saint Laurent, aurait aussi été accroché lors des réunions de la Cupola, la commission suprême de la Cosa Nostra sicilienne, selon le repenti Salvatore Cancemi, en guise de trophée. On ignore toujours s’il a été détruit.

Chargés de l’enquête, les carabiniers de Parme et la brigade de protection du patrimoine culturel de Bologne tentent désormais de retrouver les auteurs de ce vol, l’un des plus importants commis en Italie ces dernières années.


Source:

www.franceinfo.fr

Annonce publicitairespot_img

Derniers articles

Annonce publicitairespot_img