Dans ce western se déroulant dans les fjords, écrit à quatre mains, les auteurs multiplient les fausses pistes et s’amusent à manipuler le lecteur avec beaucoup de talent.
Publié le 29/03/2026 10:07
Temps de lecture : 3min
Pour rejoindre son école, Leah Forsberg a pris un chemin de traverse. La petite écolière de sept ans n’a plus donné signe de vie. Est-elle encore vivante ? A-t-elle été tuée ? Quinze ans plus tard, l’affaire continue de hanter Fagernes, un village isolé du centre de la Norvège. Pour la justice, le coupable est son père, Mathias. Après avoir fermement clamé son innocence, il est condamné bien que le corps de sa fille n’ait jamais été retrouvé.
Coupable idéal ? Mathilde Wold, jeune journaliste, relance l’enquête ensuivant un nouvel angle et en allant à la rencontre des témoins. Elle est retrouvée morte. Suicide ou assassinat ? A-t-elle croisé le chemin de l’assassin sans le savoir ?
Avant de mourir, Mathilde Wold avait contacté Markus Heger, ancien militaire, créateur d’un podcast, Krimcasten, qui tente de résoudre les vieilles affaires criminelles. Parmi ces cold cases, la disparation de Leah Forsberg sur laquelle il a enquêté des années auparavant. Jusqu’à présent, il n’avait aucun doute sur la culpabilité du père. La mort de la journaliste l’incite à revoir l’affaire.
Dans ce western se déroulant dans les fjords, écrit à quatre mains, les auteurs multiplient les fausses pistes et s’amusent à manipuler le lecteur avec beaucoup de talent. Jørn Lier Horst et Jan-Eric Fjell signent un thriller captivant au suspens étouffant. La culpabilité du père est ainsi remise en cause. Markus Heger, rongé par la culpabilité, reprend la route et ose affronter ses propres démons.
Personnages secondaires intéressants, rythme soutenu, atmosphère anxiogène, histoires parallèles, traumas profonds… Ce cri que personne n’entend, en librairie le 3 avril, est selon l’expression consacrée un page-turner. Accrolivre, en français.
Les deux écrivains norvégiens abordent de nombreux thèmes avec nuance : harcèlement scolaire, rapports conflictuels père-fils, violences contre les femmes, deuil… Le passé ne meurt jamais, il s’invite au détour d’une phrase, d’un évènement. Ainsi certains personnages, comme cet homme devenu très riche qui, enfant était le souffre-douleur d’un autre gamin plus âgé et plus costaud que lui, continue d’habiter le passé.
Le mystère reste entier jusqu’à la dernière page, les retournements s’enchaînent. Ce cri que personne n’entend, un thriller haletant à lire d’une traite.
« Ce cri que personne n’entend, Jørn Lier Horst et Jan-Eric Fjell, traduit par , éditions de La Martinière, 384 pages, 21,50 euros

Source:
www.franceinfo.fr




