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À l’INHA, la fermeture estivale de la bibliothèque relance la contestation

Déjà contesté l’an dernier, le projet n’a pas disparu malgré un changement de direction. « et un espoir d’un changement de politique, le même projet est à l’ordre du jour », alertent les initiateurs du mouvement, qui espèrent un relais plus large de leur mobilisation. Après le départ d’Éric de Chassey, qui dirigeait l’INHA depuis 2016, Anne-Solène Rolland a été nommée directrice générale à compter de septembre 2025 pour un mandat de trois ans.

Une fermeture contestée au nom du service public

Au cœur du désaccord : la fermeture de la bibliothèque pendant deux semaines en août. Une décision que le collectif INHA en lutte affirme rejeter « à l’unanimité ».

Pour eux, cette mesure contrevient directement aux missions de l’établissement. La bibliothèque de l’INHA, l’une des plus importantes d’Europe en histoire de l’art, a vocation à rester accessible tout au long de l’année. « Nous sommes attachés à l’ouverture la plus large possible de la bibliothèque, du lundi au samedi, y compris pendant les périodes de vacances », expliquent-ils.

Au-delà du principe, c’est aussi la réalité des usages qui est invoquée. L’été constitue une période clé pour de nombreux chercheurs, en particulier étrangers ou non parisiens, qui profitent de cette saison pour mener leurs travaux. Or, dans le même temps, plusieurs bibliothèques spécialisées ferment, créant un « vide documentaire » que l’INHA contribuait jusqu’ici à combler.

Des arguments jugés insuffisants

La direction justifie cette fermeture par deux arguments principaux : un « droit à la déconnexion » pour les personnels et des économies budgétaires. Des justifications que les opposants jugent peu convaincantes. « Aucun document ni chiffrage précis n’a été fourni à l’appui du projet », soulignent les pétitionnaires, qui dénoncent des économies « non anticipées », la décision étant intervenue après le vote du budget.

Ils rappellent également que l’effectif de l’établissement permettrait d’organiser les congés autrement, sans interrompre l’ouverture au public : « Le personnel est assez nombreux pour pouvoir assurer l’ouverture toute l’année en échelonnant ses congés. »

La fermeture estivale ne pose pas seulement une question de principe : elle a aussi des effets directs sur les agents.

Nombre d’entre eux refuseraient de se voir imposer des congés en plein mois d’août, période souvent la plus coûteuse pour les déplacements et les locations. Les opposants évoquent notamment l’impact sur « les agents les plus précaires », pour qui ces contraintes peuvent représenter une charge financière importante.

À cela s’ajoute une critique plus large du mode de décision. L’annonce tardive de la fermeture est pointée du doigt, car elle « pénalise les personnels comme les publics », en rendant difficile toute organisation en amont.

Des inquiétudes pour les collections

Autre point soulevé : la sécurité des collections. Les pétitionnaires s’inquiètent de « l’absence d’une permanence et d’une surveillance quotidienne assurée par des professionnels » pendant la fermeture. Dans une bibliothèque conservant des fonds patrimoniaux importants, cette question touche à la conservation et à la protection d’un patrimoine documentaire de premier plan.

Au-delà de la mesure ponctuelle, les opposants redoutent une évolution plus profonde. La fermeture estivale pourrait s’inscrire dans la durée et devenir une norme. Ils évoquent ainsi un « changement de doctrine », qui verrait l’INHA s’éloigner progressivement de son modèle d’ouverture continue, au profit d’une logique de rationalisation.

Cette perspective inquiète d’autant plus que l’établissement occupe une place centrale dans le paysage de la recherche en histoire de l’art. Fondé en 2001 et placé sous la tutelle du ministère de la Culture, l’INHA joue un rôle structurant dans la production et la diffusion des savoirs, en lien avec chercheurs, conservateurs et institutions patrimoniales.

Une mobilisation relancée

Face à cette situation, les personnels mobilisés appellent à une nouvelle mobilisation. La pétition invite à « défendre l’accès au savoir, la recherche et les missions de service public de l’INHA », et à demander à la direction de renoncer à cette fermeture.

Reste à savoir si cette nouvelle mobilisation infléchira la décision. L’an dernier, malgré une opposition unanime des représentants du personnel, le projet avait été adopté. Cette année encore, le rapport de force semble ouvert. La pétition a été signée, pour le moment, par 285 personnes.

Contactée par ActuaLitté afin de préciser les raisons de cette fermeture estivale – notamment ses motivations budgétaires et organisationnelles -, ainsi que ses conséquences sur l’accueil des publics, en particulier des chercheurs français et internationaux, la direction de l’INHA n’a pas répondu à nos sollicitations au moment de la publication de cet article.

Crédits photo : Salle Labrouste – Voûte (MOSSOT, CC BY-SA 4.0)

Par Hocine BouhadjeraContact : hb@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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