Publié le 27/03/2026 13:59
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La nuit de jeudi 26 à vendredi 27 mars a été agitée pour de nombreux viticulteurs, car les températures ont été glaciales. Pour veiller sur leur vigne et sauver les récoltes, ils ont veillé une partie de la nuit en allumant des bougies, notamment, comme à Chablis dans l’Yonne.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Le soleil est sur le point de se lever sur les vignes de Bourgogne. Pour les protéger du gel, des milliers de bougies ont été installées. Une longue nuit de stress pour les viticulteurs. « Pour ne rien vous cacher, nous ne nous sommes pas couchés. J’ai contrôlé les températures régulièrement jusqu’à minuit et demi, une heure moins le quart lorsque les températures étaient aux environs de moins un degré, moins un et demi, avec beaucoup d’humidité sur les bois », raconte Frédéric Gueguen, vigneron à Chablis.
Au cœur de la nuit, le thermomètre est même descendu jusqu’à moins six degrés dans la région. Une gelée annoncée depuis plusieurs jours, alors pour ne pas perdre la récolte, chacun a sa méthode, comme avec l’aspersion d’eau pour créer une coque de glace autour des bourgeons. « Je peux vous dire qu’en circulant cette nuit dans le vignoble, il n’y a pas un seul système qui ne soit pas en route, qu’il s’agisse d’hélices, d’aspersions, ou de bougies. Je n’ai, de ma vie, jamais vu autant de bougies dans le vignoble chablisien », explique Jean-Paul Durup, vigneron et vice-président de la Fédération de défense de l’appellation Chablis.
Paradoxalement, c’est le lever du soleil que les viticulteurs redoutent le plus. Un choc de température trop rapide peut anéantir les bourgeons. Alors, dans le Puy-de-Dôme, sur une parcelle de Chardonnay à 450 mètres d’altitude, les viticulteurs brûlent des bottes de paille pour recouvrir les vignes de fumée. « C’est cette fumée blanchâtre épaisse qui va protéger justement les bourgeons du soleil, comme une casquette pour nous, les humains », souligne Maxime Ferrari, viticulteur.
En Champagne aussi, les différents dispositifs, comme ces ventilateurs géants, ont joué leur rôle. Selon ce viticulteur, sous l’effet du réchauffement climatique, les bourgeons sont plus précoces et donc vulnérables aux gels. « Avec les températures élevées qu’on a eues ces dernières semaines, la végétation a commencé à partir de trois semaines plus tôt que d’habitude. Et là, on a des bourgeons qui vont bientôt éclore et le risque des températures négatives, c’est de brûler toute l’inflorescence qu’il y a à l’intérieur », dit Philippe Bujar, responsable du champagne Taittinger Vignoble de l’Aube.
En Champagne, on reste sur le qui-vive. Les nuits seront froides jusqu’au début de la semaine prochaine, avant un redoux synonyme de soulagement pour les viticulteurs.
Source:
www.franceinfo.fr




