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Sébastien Lecornu prône une ligne de « sérieux, stabilité, maîtrise » alors que le déficit est moins élevé qu’attendu

Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a prôné vendredi 27 mars la « maîtrise » des finances publiques « quoi qu’il arrive », pour ne pas revenir aux dépenses du « quoi qu’il en coûte », après l’annonce par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) d’un déficit pour 2025 à 5,1 %, moins élevé qu’attendu. Le chef du gouvernement envisage « avec prudence » de passer « sous les 5 % » de déficit cette année, malgré les guerres au Moyen-Orient et en Ukraine.

« On a connu le “quoi qu’il en coûte”. Je crois qu’on peut dire que la maîtrise des finances publiques en transparence doit se faire quoi qu’il arrive désormais », a affirmé M. Lecornu, alors qu’il introduisait une réunion de ministres sur les finances publiques, jugeant « préoccupante » la guerre au Moyen-Orient en matière économique.

Le gouvernement français a toutefois eu une bonne surprise ce déficit public moins élevé qu’attendu. Le chiffre publié par l’Insee est inférieur de 0,3 point à la prévision du ministère de l’économie, qui était de 5,4 %.

Selon cette première estimation, il a ainsi reculé de 0,7 point par rapport à 2024, grâce à des recettes qui « accélèrent du fait de la hausse des impôts », explique l’Insee. Cette amélioration a permis de faire baisser le ratio de la dette publique. Il est descendu à 115,6 % du produit intérieur brut (PIB) à la fin de 2025, soit 1,6 point de mieux qu’à la fin de septembre.

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« Il n’y a pas de cagnotte »

« Plus de sérieux, sans pour autant casser le modèle social et la croissance », écrit le premier ministre sur X. « Il faut continuer à réduire le déficit » et « les chiffres pour l’année 2025 nous invitent à être ambitieux pour la nouvelle baisse du déficit en 2026 », a, de son côté, commenté sur TF1 le ministre de l’action et des comptes publics, David Amiel.

L’objectif de déficit aux alentours de 5 % du PIB paraissait plus facilement atteignable avant le déclenchement, à la fin de février, de la guerre au Moyen-Orient, qui devrait avoir des répercussions sur la croissance économique et donc les recettes fiscales.

Interrogé sur les premières conséquences économiques en France, principalement la montée du prix des hydrocarbures, M. Amiel a répondu qu’il était « trop tôt pour qu’on ait la remontée statistique précise des chiffres ». Il a, par ailleurs, exclu que les chiffres meilleurs que prévu des comptes publics favorisent l’octroi rapide d’aides aux entreprises ou aux consommateurs. « Il n’y a pas de cagnotte. La cagnotte, c’est quand il n’y a pas de déficit », a-t-il souligné.

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Hausse des prélèvements

L’effort pour réduire le déficit est passé très majoritairement, à ce stade, par la hausse des prélèvements. De nombreux économistes s’accordent à dire que le plus facile a été fait, tandis que le plus difficile politiquement, réduire les dépenses, reste à venir.

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« Les recettes accélèrent en 2025 : elles sont en hausse de 3,9 %, après + 3,2 % en 2024 », relève l’Insee. En particulier, « les impôts courants sur le revenu et le patrimoine accélèrent fortement », de 6,6 % en 2025. « Les dépenses ralentissent : elles augmentent en euros courants de 2,5 %, après + 4,0 % en 2024 », a poursuivi l’institut statistique. Mais « leur croissance reste légèrement supérieure à celle du PIB en valeur en 2025 (+ 2,0 %) », si bien qu’en volume, elles ont augmenté de 0,9 %.

Le premier ministre y voit pourtant des « dépenses publiques maîtrisées », avec « une ligne simple – sérieux, stabilité, maîtrise ». « Pour toute dépense supplémentaire qui serait engagée, il y aura à l’euro près l’annulation d’une autre dépense qui était prévue », a promis M. Amiel.

La réduction du déficit que vise le gouvernement est jugée indispensable pour contenir la hausse de la dette publique de la France. Celle-ci atteint 3 460,5 milliards d’euros à la fin de 2025, contre 3 484,1 milliards à la fin de septembre. Sachant que la France, avec les perturbations sur les marchés financiers dues à la guerre au Moyen-Orient, a vu monter ces dernières semaines les taux d’intérêt sur ses emprunts obligataires.

Le Monde avec AFP


Source:

www.lemonde.fr

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