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Édito. Avec le retrait de François Bayrou, un premier signe de la fin du macronisme

François Bayrou se retire de la vie politique locale après sa défaite à Pau, tournant la page d’un engagement de plusieurs décennies. Son recul symbolise aussi l’essoufflement du macronisme, dont il fut un acteur clé dès 2017.


Publié le 27/03/2026 08:27



Mis à jour le 27/03/2026 08:30

Temps de lecture : 3min

François Bayrou (à gauche), maire sortant de Pau et candidat centriste du MoDem à sa réélection, salue ses partisans après sa défaite au second tour des élections municipales françaises de 2026 à Pau, le 22 mars 2026. (GAIZKA IROZ / AFP)

François Bayrou, qui a perdu son fauteuil de maire dimanche 22 mars, ne siègera pas au conseil municipal de Pau. L’ancien Premier ministre a été battu de justesse, à 344 voix. Et comme le disait Lionel Jospin, il en tire les conséquences en se retirant définitivement de la vie politique… locale. Quand on connaît l’attachement de François Bayrou à la ville de Pau, on comprend qu’à 74 ans, cette décision résonne comme une retraite.

Pau, il s’y était attaqué dès 1989. Il a mis 25 ans à la conquérir, en 2014. Dix ans plus tard, il était fier d’être nommé Premier ministre le jour anniversaire de la naissance d’Henri IV, ce héros palois auquel il voue un véritable culte. La ville lui tient tellement à cœur qu’elle a été à l’origine de la toute première polémique, quelques jours après son entrée à Matignon. Il s’était vu reprocher un aller-retour en Falcon à Pau pour présider un conseil municipal.

Ce départ du conseil municipal constitue donc une première sortie de scène. C’est aussi l’illustration de la fin du macronisme parce que François Bayrou, c’est l’homme grâce auquel Emmanuel Macron est entré à l’Élysée. Le 22 février 2017, à deux mois du premier tour de la présidentielle, le patron du MoDem a pris la décision qui a tout changé. À la surprise générale, il annonçait qu’il retirait sa candidature au profit d’Emmanuel Macron. Personne ne s’y attendait. Il ne pesait alors que 6 à 7% d’intentions de vote, mais ce renfort décisif a aussitôt fait basculer Emmanuel Macron en tête dans les sondages.

François Bayrou rêvait de l’Élysée depuis plus de 20 ans. Il s’était déjà présenté trois fois. Il avait failli se qualifier pour le second tour en 2007. Il avait affronté Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy pour ressusciter un centre indépendant. Il incarnait une troisième voie, le fameux dépassement de la droite et de la gauche. Mais ce positionnement venait de lui être ravi par le candidat Macron.

Il acceptait alors de se sacrifier pour un homme de 25 ans son cadet. « Un geste d’abnégation » pour Emmanuel Macron, et « un geste d’espoir pour notre pays », disait-il. François Bayrou n’a pas beaucoup été payé de retour. Nommé ministre de la Justice, il a dû démissionner au bout de 34 jours, après l’ouverture d’une enquête préliminaire sur l’affaire des assistants parlementaires du MoDem. Il a fini par être relaxé en première instance, sept ans plus tard. Le procès en appel est fixé à l’automne 2026. Il a ensuite dû attendre décembre 2024 pour être nommé à Matignon, sans entrain ni majorité, alors que tout était déjà perdu ou presque depuis la calamiteuse dissolution.

Il était sans doute déjà trop tard pour lui. François Bayrou et Emmanuel Macron ont accédé ensemble au pouvoir. La mise en retrait du premier annonce un peu plus la fin de règne prochaine du second.


Source:

www.franceinfo.fr

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