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One Health : pourquoi cette approche prend soudain une importance capitale

Souvenez-vous, c’était il y a six ans presque exactement. Le 17 mars 2020. Le premier jour d’un confinement strict qui allait bouleverser nos vies. « La France est en guerre », nous annonçait le président de la République, Emmanuel Macron. En guerre contre un virus venu de Chine. Le SARS-CoV-2, encore inconnu quelques semaines plus tôt et responsable d’une maladie que tout le monde appellerait bientôt Covid-19.

Comment tout cela a-t-il commencé ? Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « le poids des preuves » pèse sur un animal infecté. Il a pu faire passer le virus à un humain. Ce que les scientifiques qualifient de transmission zoonotique. Une chauve-souris, un pangolin, des sortes de mangoustes ou de hyènes, des chiens sauvages ?


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Difficile à dire. Mais des chercheurs du CNRS ont identifié sur ce marché de Wuhan, désigné comme l’épicentre de la pandémie, plusieurs virus zoonotiques. Plus de quatre ans après le début du confinement en France, ils mettaient ainsi en lumière le risque élevé de nouvelles pandémies qui pourraient émerger de la vente d’animaux vivants au cœur de villes densément peuplées.

Santé du vivant et de la Planète, même combat

Soyons honnêtes, jusque-là, peu d’entre nous avaient conscience d’un tel risque. Pourtant, Manon Lounnas, chargée de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), l’affirme : « La majorité des maladies infectieuses émergentes chez l’humain sont d’origine animale. »

Plus que cela : « Elles sont fortement liées aux transformations des écosystèmes ». Santé humaine, animale, végétale, et santé environnementale sont ainsi bien plus intimement liées qu’on l’imagine de prime abord. C’est cette interdépendance que le concept « One Health » – comprenez, « une seule santé » – entend mettre en lumière. Avec l’ambition d’apporter des réponses coordonnées et de gérer à l’avenir les risques de façon globale et équitable.

Les superbactéries dopées par la pollution : l'antibiorésistance gagne du terrain. © Vastram, Adobe Stock

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Pour nous aider à comprendre un peu plus, Frédéric Simard, entomologiste et directeur de recherche IRD dégaine « les arthropodes hématophages ». En d’autres mots, ces petites bêtes qui nous font la vie dure. Moustiques, moucherons, tiques. Tous ont besoin de notre sang pour vivre et lorsqu’ils nous piquent, ils sont susceptibles de nous transmettre des agents pathogènes.

« Du pur One Health. Le paludisme ou la dengue touche les populations humaines. Des animaux, et même des plantes, peuvent aussi être infectés. Le virus du Nil occidental est apparu chez les oiseaux puis s’est propagé aux Hommes par le moustique. Et pour lutter contre ces maladies – ou plus exactement contre ceux qui les transmettent -, on utilise, depuis plus de 50 ans, des insecticides qui nuisent à l’environnement. » La boucle est bouclée. « Sans un regard One Health, nous n’arriverons pas à ces solutions durables. »


Le saviez-vous ?

C’est précisément la vision globale défendue par les chercheurs qui sera au cœur du One Health Summit 2026, à Lyon, du 5 au 7 avril prochains. Chefs d’État et de gouvernement, organisations internationales, scientifiques, représentants de la société civile, jeunes et acteurs locaux viseront le même objectif : une meilleure santé du vivant et de la Planète.

La force de l’approche One Health, c’est de viser tout le cycle des épidémies… avant qu’elles ne se déclenchent, pour ne plus jamais attendre que le pathogène atteigne l’humain pour s’en préoccuper. « La crise du Covid-19 nous a fait prendre conscience que nous devions changer de paradigme, passer d’une posture réactive à une posture proactive », confirme Manon Lounnas.

Construire ensemble la santé de demain

Travailler sur la prévention de la circulation des virus dans l’environnement pour empêcher les pandémies, c’est le point de départ d’une initiative internationale d’ampleur qui a vu le jour en France : PREZODE pour PREventing ZOonotic Disease Emergence. Manon Lounnas en est la coordinatrice scientifique.

Comment se propagent les épidémies ? © Christoph Burgstedt, Adobe Stock

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Déforestation, changements dans l’affectation des terres, agriculture intensive, commerce de la faune sauvage. Toutes ces situations font apparaître toujours plus de « zones de contact » entre les populations humaines, les animaux domestiques et la faune sauvage. Cela offre des opportunités inédites aux pathogènes. Y compris à ceux qu’on ne connait pas encore. Celui que les chercheurs surnomment presque affectueusement le pathogène X. « Nous ne pouvons plus nous contenter d’étudier les pathogènes, nous devons travailler sur les risques ».

Les antibiotiques perdent en efficacité car les bactéries s'adaptent. © zneb076, Fotolia

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Pour barrer durablement la route aux zoonoses, la science doit mobiliser toute l’étendue de ses connaissances, des écologues et des chimistes autant que des sociologues. Et travailler en collaboration avec les politiques et la société civile. Aller au plus près des communautés, dans les territoires, pour comprendre quels sont les comportements qui mettent en danger, à quels moments et à quels endroits les hommes rencontrent les animaux. Pour construire finalement des stratégies pertinentes avec et pour les populations.

« Des émergences de pathogènes, il y en a tous les jours, assure Frédéric Simard. Heureusement, toutes ne se transforment pas en pandémies. » Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, la biodiversité fait souvent rempart. C’est finalement là où notres espèce a un fort impact que les risques sont maximisés. La boucle est rebouclée avec l’exemple de ces marchés, en Asie, où toutes les mauvaises conditions sont parfois réunies : des animaux vivants et stressés qui constituent un fort risque d’émergence de pathogènes, une population humaine dense et des conditions de biosécurité pas toujours respectées…


Source:

www.futura-sciences.com

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