Une équipe internationale dirigée par le professeur Cosimo Posth, du Centre Senckenberg pour l’évolution humaine et le paléoenvironnement de l’Université de Tübingen, s’est intéressée à l’histoire génétique des Néandertaliens ayant vécu entre 60 000 et 40 000 ans avant notre ère.
On sait que les Néandertaliens ont occupé l’Europe sans interruption entre environ 400 000 et 40 000 ans avant notre ère. Cependant, les détails de l’évolution de leurs populations restent encore fragmentaires. Les chercheurs soupçonnaient déjà que des populations autrefois largement répandues sur le continent avaient en grande partie disparu.
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Selon cette nouvelle étude, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, les conditions climatiques très rudes de la dernière période glaciaire, il y a environ 75 000 ans, auraient provoqué un important déclin démographique. Une petite population aurait survécu en se réfugiant dans une zone plus clémente correspondant aujourd’hui au sud-ouest de la France.
À partir de ce refuge climatique, leurs descendants se seraient ensuite dispersés à travers l’Europe il y a environ 65 000 ans. D’après les analyses génétiques, la quasi-totalité des Néandertaliens tardifs descendrait de cette unique lignée.

Fouilles de l’abri sous roche de Tourtoirac (France), où trois restes de Néandertaliens analysés dans cette étude ont été découverts. © Luc Doyon
Dix nouveaux individus analysés grâce à l’ADN mitochondrial
Pour retracer cette histoire, les chercheurs ont étudié l’ADN mitochondrial, un matériel génétique présent dans les mitochondries, de petits organites cellulaires possédant leur propre ADN. Bien qu’il contienne moins d’informations que le génome complet, cet ADN se conserve souvent mieux dans les restes anciens.
« L’ADN mitochondrial ne renferme pas autant d’informations que le génome entier, mais il survit généralement plus longtemps et est plus facile à récupérer », explique la chercheuse Charoula Fotiadou, première auteure de l’étude.
L’équipe a ainsi séquencé l’ADN mitochondrial de dix nouveaux individus néandertaliens, provenant de six sites archéologiques situés en Belgique, en France, en Allemagne et en Serbie. Ces données ont été comparées à 49 génomes mitochondriaux déjà publiés.

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Les résultats ont ensuite été croisés avec des informations archéologiques issues de la base de données ROAD, développée dans le cadre du projet ROCEEH (Role of Culture in Early Expansions of Humans). Cette approche a permis de reconstituer l’évolution des populations néandertaliennes dans l’espace et dans le temps, explique le co-auteur Jesper Borre Pedersen.
Une diversité génétique très faible avant l’extinction
Les analyses montrent que presque tous les Néandertaliens tardifs, de la péninsule Ibérique jusqu’au Caucase, appartiennent à la même lignée d’ADN mitochondrial, signe d’un bouleversement majeur dans l’histoire génétique de l’espèce.
Les chercheurs ont également utilisé un modèle statistique pour vérifier si les variations génétiques observées pouvaient correspondre à une population stable dans le temps. Les résultats indiquent au contraire un déclin démographique rapide entre environ 45 000 et 42 000 ans avant notre ère.
« D’un point de vue génétique, les Néandertaliens tardifs formaient un groupe très homogène », souligne Cosimo Posth. Cette faible diversité génétique, combinée à l’isolement de petites populations, pourrait avoir contribué à la disparition des Néandertaliens, remplacés en Europe par Homo sapiens il y a environ 40 000 ans.
Source:
www.futura-sciences.com





