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Au Pérou, l’affaire des stérilisations forcées refermée par la justice

La justice péruvienne a classé, mardi 27 octobre, le dossier des stérilisations forcées pratiquées dans les années 1990 sous la présidence d’Alberto Fujimori. Cette décision met fin, à ce stade, à une procédure emblématique pour des milliers de victimes, en majorité des femmes autochtones originaires des zones les plus pauvres des Andes et de l’Amazonie. Le dossier occupait une place centrale dans le débat sur les responsabilités de l’État péruvien durant cette période.

Près de 300 000 personnes auraient été concernées par ces pratiques, principalement dans des régions rurales marquées par la pauvreté et l’éloignement des services publics. Les victimes dénoncent depuis des années des interventions réalisées sans consentement libre et éclairé, dans le cadre de politiques de contrôle des naissances mises en œuvre sous le gouvernement Fujimori. L’affaire reste l’un des contentieux les plus sensibles liés aux droits humains au Pérou.

Le classement du dossier par le Pouvoir judiciaire péruvien s’appuie sur une loi adoptée en 2024. Cette base juridique a pesé dans l’issue de la procédure, au détriment des plaignantes qui réclamaient une reconnaissance judiciaire des faits et des responsabilités. Pour les organisations engagées auprès des victimes, l’enjeu dépasse la seule sanction pénale : il porte aussi sur l’accès à la vérité, à la réparation et à la mémoire publique.

La décision intervient dans un pays où l’héritage politique d’Alberto Fujimori demeure profondément clivant. Son gouvernement, dirigé dans les années 1990, reste associé à des réformes économiques, à la lutte contre les mouvements armés, mais aussi à de graves accusations d’atteintes aux libertés et aux droits fondamentaux. Le dossier des stérilisations forcées touche particulièrement les populations autochtones, souvent sous-représentées dans les institutions et confrontées à des obstacles linguistiques, sociaux et économiques dans l’accès à la justice.

Pour les femmes concernées, ce classement constitue un nouveau revers après des années de démarches judiciaires. Il laisse en suspens la question de la responsabilité de l’État et de la prise en charge des victimes, dont beaucoup vivent encore dans les régions où les opérations ont été pratiquées. L’affaire demeure un marqueur des tensions entre mémoire, réparation et impunité dans l’histoire récente du Pérou.

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