Comme Kepplair Evolution, l’entreprise s’est lancée dans une course à la transformation en bombardier d’eau de l’ATR 72, un avion régional à hélices, afin de pouvoir renforcer les moyens aériens de lutte anti-incendie. Le modèle proposé par Positive Aviation est 50% moins cher qu’un Canadair.
Le constat ne date pas d’hier : avec l’arrêt de la production des Canadair en 2015 et la livraison en 2028 au plus tôt des nouveaux modèles fabriqués par le nouveau propriétaire des droits, De Havilland Canada, la flotte française de bombardiers d’eau est vieillissante.
Maintenance et réparations obligent, il est rare que la France puisse compter en même temps sur ses 12 Canadair et 8 Dash, y compris contre le mégafeu de Gironde. C’est ce constat qui a conduit les fondateurs de Kepplair Evolution et Positive Aviation, deux start-up installées à Blagnac, près de Toulouse, à se lancer dans la conception d’un nouveau bombardier d’eau.
L’enjeu, transformer en bombardier d’eau, l’ATR 72, un avion régional à hélices, afin de pouvoir renforcer les moyens aériens de lutte anti-incendie. Pour Laurent Schmitt, président de Positive Aviation et ancien d’Airbus, « la France a probablement un des meilleurs systèmes de lutte contre les incendies mais les Canadair sont vieillissants et leur maintenance est compliquée à cause de la disponibilité des pièces », explique-t-il ce lundi sur BFM Business.
8 tonnes d’eau dans le FF72 de Positive Aviation
Transformer un ATR présente plusieurs avantages : elle permet de sauter la longue et coûteuse phase de conception d’un nouvel avion et de bénéficier de la popularité de l’ATR 72 dans le monde, donc notamment d’une grande disponibilité des pièces détachées ce qui permet une maintenance rapide. Le FF72 de Positive Aviation permet en outre d’embarquer « 8 tonnes d’eau contre 6 pour le Canadair pour 35 millions d’euros, c’est la moitié du prix d’un Canadair », souligne le dirigeant.
Par ailleurs, si le Kepplair 72 de Kepplair Evolution devra se poser pour être ravitaillé en eau ou en retardant (4 minutes de remplissage pour 10 minutes au sol au total), le FF72 pourra se remplir en survolant un plan d’eau une douzaine de secondes, selon Laurent Schmitt grâce à ses flotteurs géants (18 mètres de long pour 2 mètres de hauteur), fixés à la carlingue à l’aide de 8.000 rivets.
Après quatre années de développement, Laurent Schmitt table sur une disponibilité de son avion « pour la saison des feux 2029 même si en 2028, on pourra fournir un modèle sans flotteurs, sur roues ». Positive Aviation revendique une commande ferme de 10 FF72 de la part de l’entreprise américaine Briger Aerospace mais rien venant de la France.
« La France et l’Europe ont fait le choix du programme Canadair, c’est aujourd’hui à l’export qu’on a une extraordinaire dynamique ».
Kepplair Evolution de son côté assure avoir reçu des lettres d’intention pour 18 appareils, ainsi que de la part de la Direction générale de la sécurité civile en 2024.
Source:
www.bfmtv.com






