Au cœur de l’océan Pacifique, se trouve un coin de paradis : les îles Batanes. Version tropicale de la Bretagne, l’archipel est prisé par les touristes et menacé par la Chine.
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Certains disent des îles Batanes qu’elles sont une version tropicale de la Bretagne. Avec leurs falaises, leurs églises et leurs maisons en pierre, on se croirait presque dans le Finistère. Mais nous sommes au cœur de l’océan Pacifique, à plus de 10 000 kilomètres de la France. L’archipel, qui appartient aux Philippines, se trouve à près de deux heures de vol de Manille, la capitale.
Un petit paradis à l’écart des circuits touristiques, dans lequel vit et travaille James Garcia. Depuis neuf ans, il est le gardien du phare, devenu l’emblème des îles Batanes. « Il y a 127 marches à monter », précise-t-il. Du haut de son sémaphore, il observe encore émerveillé le panorama exceptionnel de cet archipel qu’il n’a jamais quitté. « Les Batanes sont isolées du reste des Philippines. C’est un endroit paisible, un lieu très tranquille. Et même si nous sommes loin du continent, nous aimons vivre ici », assure-t-il. Largement méconnues, les Batanes comptent 11 îles, dont trois seulement sont habitées.
Un lieu reculé dont ce jeune couple, installé à Manille, est tombé amoureux. Pour leur vidéo de mariage, ils ont choisi un endroit à l’extrême sud de l’île. « Le paysage ici est exceptionnel. Surtout, il est naturel. Il n’y a pas besoin d’ajouter un décor ou de faire une mise en scène. La beauté est déjà là », explique Vincent Garcia, le marié.
Façonnés par la mer et les tempêtes, les Batanes n’ont ni supermarché, ni fast-food et pas de feu de circulation. Les habitants originels veulent tout faire pour protéger leur mode de vie. La tradition veut qu’ils vivent dans des maisons en pierre. Dans l’archipel, régulièrement frappé par les typhons, cet habitat est très adapté. « Vous voyez ces fenêtres ? Quand il y a un typhon et du vent très fort, on les ferme et on les bloque avec de grosses poutres en bois », montre Beati Hubalde, une habitante.
La coutume à laquelle ils sont le plus attachés est le Yaru : une sorte de coup de main obligatoire. Ils doivent s’entraider sans rien attendre en retour. Cet après-midi-là, les hommes du village sont venus prêter main-forte à un pêcheur pour qu’il remonte sa barque, en prévision du passage d’un typhon. « Il est très important de préserver cette tradition pour que les générations futures puissent en hériter. Nous voulons conserver cet esprit d’entraide, en particulier lorsqu’il s’agit de se préparer aux catastrophes naturelles », explique Ismael Haro.
Aux Batanes, les relations sociales reposent sur la solidarité, mais aussi l’honnêteté. Dans un café, ouvert il y a déjà 31 ans, il n’y a ni vendeur ni caissier. Les clients se servent eux-mêmes et déposent l’argent dans une boîte. Des touristes, venus consommer deux allongés, ont du mal à y croire. « Ici, aux Batanes, même si les gens ne se connaissent pas, ils se respectent. À Manille, c’est différent. Les gens que tu croises te lancent des regards noirs. Au moins, ici, les gens sont gentils », explique l’un d’eux.
Un petit paradis, aujourd’hui menacé par Pékin. La Chine revendique l’archipel situé tout près de Taïwan, qu’elle considère comme partie intégrante de son territoire.
Source:
www.franceinfo.fr






