- Advertisement - spot_imgspot_img
AccueilCulture"Les caractéristiques de la forêt de Fontainebleau demandent une surveillance encore pendant...

"Les caractéristiques de la forêt de Fontainebleau demandent une surveillance encore pendant de longues semaines", explique Frédéric Valletoux, ex-maire de la commune

L’élu Horizons de Seine-et-Marne, ex-ministre de la Santé et ancien maire de Fontainebleau revient dans « La Matinale » du vendredi 31 juillet sur la reprise du feu dans la forêt cette semaine. « Il n’y avait pas d’impréparation », assure-t-il à propos du premier incendie qui a ravagé 2 000 hectares.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Leïla Salhi : Vous êtes ancien maire de Fontainebleau, qui fait aussi partie de votre circonscription. Où en est ce matin la reprise des feux ?

Frédéric Valletoux : La reprise des feux qu’on avait constatée mercredi soir, c’est terminé, c’est derrière nous. C’étaient des reprises qui dataient de mercredi après-midi pour l’un des foyers, de mercredi soir pour le deuxième foyer. Elles ont été, dans la nuit de mercredi à jeudi fixées, c’est-à-dire maîtrisées par les pompiers. Mais le massif est toujours sur surveillance. Je rappelle que ces feux à Fontainebleau, qui sont intervenus avant les feux de Gironde, ont touché 10% du massif, 2 000 hectares. En hectares, ça paraît moins important, mais c’est la première fois qu’en Île-de-France, qu’au nord de la Loire, on avait un feu de cette ampleur. Et on a vu effectivement des moyens pour lutter contre le feu : trois Canadair dans le ciel de Fontainebleau, dans le ciel de l’Île-de-France, c’était du jamais vu. Donc un feu inédit par son ampleur ici à Fontainebleau, que l’on continue à surveiller de près.

Justement, est-ce qu’on peut dire que vous vivez avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête ? Combien de temps va durer cette surveillance ?

Elle va durer sans doute plusieurs semaines, puisque l’une des caractéristiques de cette forêt, et ce qu’on a connu mercredi, ce sont des reprises liées à la tourbe qui est importante, c’est-à-dire cet amoncellement de végétation qui fait que parfois les braises sont cachées, sont enfouies, sont en profondeur et peuvent réapparaître, certains appellent ça les « feux zombies ». Et donc, ça demande une surveillance encore pendant de longues semaines. C’est ce à quoi s’affairent les pompiers de Seine-et-Marne avec tous ceux qui viennent les épauler. C’est un travail de longue haleine. Je le redis, dans notre massif forestier, on connaissait les feux, mais c’était des feux de 4, 5, parfois 10 hectares maximum. Là, on est sur un feu qui a affecté 2 000 hectares, ce sont des niveaux jamais vus.

Dans le cadre de cet incendie exceptionnel, certains de vos confrères à l’Assemblée nationale ont dénoncé pour les uns un manque de préparation de l’État et d’autres une absence de moyens ou une insuffisance de moyens alloués à la sécurité civile. Est-ce que vous aussi, vous avez pu constater ça sur le terrain, ou une forme d’impréparation face à ce qui est arrivé ?

Non, mais on a toujours dans ces moments-là ceux qui s’engouffrent dans les polémiques et font leur miel, très politicien, de ce genre de choses. Moi, je veux rappeler simplement que des feux qui ont démarré un dimanche après-midi ont amené à la mobilisation immédiate de forces de pompiers, de nombre de pompiers dans des proportions très importantes. On est monté jusqu’à 850-900 pompiers présents et ça, ça s’est fait en moins de 24 heures. Des moyens aériens, je le disais, massifs. On a eu jusqu’à quatre Canadair qui sont intervenus et il n’y avait pas d’impréparation puisque des exercices avec les Canadair avaient été faits il y a quelques années, trois-quatre ans, pour justement repérer quel était l’endroit sur la Seine qui permettait aux Canadair d’écoper, c’est-à-dire d’aller chercher de l’eau de manière sécurisée, pour eux d’abord, et sécurisée aussi pour les riverains ensuite. Et donc, tout ça avait fait l’objet d’exercices préparatoires parce qu’effectivement, ce sujet du réchauffement climatique était dans toutes les têtes. Et je rappelle que quand le feu est parti, la forêt était interdite à la fréquentation. C’est-à-dire qu’effectivement, il y avait eu, compte tenu des conditions climatiques de début juillet, une décision préfectorale qui était vue avec les élus locaux, avec l’ONF et l’ensemble des partenaires, qui interdisait la fréquentation du massif justement du fait du risque d’incendie. Et donc, on voit bien que ce n’est pas un sujet de manque de préparation, le réchauffement climatique était dans les têtes.

A propos de réchauffement climatique, est-ce que vous seriez-vous favorable à l’idée, dans des périodes de canicule comme celle que traversait la forêt de Fontainebleau au moment de l’incendie, de permettre aux entreprises d’être en chômage partiel ou de s’arrêter, d’interrompre leurs activités, puisqu’on sait qu’un des départs de feu avait été justement provoqué par un environnement professionnel ?

Oui, il semblerait, la justice est saisie et il y a une enquête, qu’une intervention d’une entreprise le long de l’autoroute A6 soit à l’origine. Mais, je le dis au conditionnel, c’est la justice qui le dira. Néanmoins, sur ce que vous évoquez, oui, bien sûr, que la vie en entreprise, comme la fréquentation des massifs qui sont sensibles, et le déroulement des chantiers doivent s’adapter au niveau des horaires, au niveau des jours où on constate les pics de chaleur les plus importants. On doit adapter nos règles à un réchauffement climatique dont on sait qu’il va provoquer des périodes de canicule de plus en plus marquées. Pour ce qui est du massif forestier, si dans les années qui viennent, il faut à nouveau qu’on puisse envisager des fermetures partielles ou complètes du massif lors d’épisodes de grande canicule, on le fera, et je le redis, le feu s’est déclenché alors même que cette mesure de prévention avait déjà été prise quelques jours avant et donc le massif était interdit à la fréquentation. De ce point de vue là, il n’y avait pas d’impréparation.

Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité.


Source:

www.franceinfo.fr

Annonce publicitairespot_img

Derniers articles

Annonce publicitairespot_img