- Advertisement - spot_imgspot_img
AccueilPolitiqueJ.D. Vance (3/5) : le caméléon de la politique

J.D. Vance (3/5) : le caméléon de la politique

Il est l’exemple même de la réussite à l’américaine : le « self-made man », parti de rien pour devenir, à 40 ans, vice-président des États-Unis. J. D. Vance aspire désormais à succéder à Donald Trump. Mais qui est-il vraiment ? Retour sur l’ascension fulgurante d’un enfant de l’Ohio.


Publié le 13/07/2026 07:05

Temps de lecture : 3min

Donald Trump tient un meeting de soutien à J.D. Vance, candidat au Sénat dans l’Ohio, le 7 novembre 2022. (DREW ANGERER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Ce n’est sans doute pas la consécration qu’il espérait, mais en 2025, J.D. Vance fait des débuts remarqués dans South Park, série animée culte, satirique et souvent « trash ». Le vice-président y est dépeint comme un « nabot lèche-botte », allant jusqu’à partager le lit du président des États-Unis.

Une scène d’amour particulièrement osée, destinée à souligner à gros traits que JD Vance est prêt à tout pour le pouvoir, quitte à retourner sa veste. Il faut dire que l’actuel vice-président des États-Unis n’a pas toujours porté Donald Trump dans son cœur : « Je n’ai jamais été pro-Trump. Je ne pense pas qu’il se soucie réellement des gens. Il y a indéniablement, parmi les soutiens de Donald Trump, du racisme ou de la xénophobie. Je le trouve néfaste et je pense qu’il entraîne la classe ouvrière blanche vers une situation très sombre. »

« Je ne voterai absolument pas pour Trump, car j’estime qu’il réduit des problèmes très complexes à de simples boucs émissaires. En somme, Trump est un très mauvais candidat et, franchement, je pense que c’est aussi une très mauvaise personne. »

J.D. VANCE, vice-président des Etats-Unis

Auprès de son entourage, J.D. Vance a même qualifié Donald Trump de potentiel « Hitler américain ». En 2020, pourtant, revirement impressionnant : il explique s’être trompé et voit désormais dans le milliardaire new-yorkais « le meilleur président de sa vie ». Si bien que, deux ans plus tard, J.D. Vance se présente dans l’Ohio pour devenir sénateur, sous la bannière républicaine. Il l’emporte avec un programme anti-immigration : « Êtes-vous raciste ? Détestez-vous les Mexicains ? Les médias nous traitent de racistes parce que nous voulons construire le mur de Trump. Ils nous censurent, mais cela ne change rien à la vérité. J’ai failli perdre ma mère à cause du poison qui traverse notre frontière. »

« Je suis J.D. Vance et j’approuve ce message, car peu importe comment ils nous qualifient, nous ferons passer l’Amérique avant tout. »

J.D. Vance, vice-président des Etats-Unis

Une campagne financée à coups de millions de dollars, 15 millions précisément, par l’influent Peter Thiel, oligarque libertarien de la Silicon Valley et cofondateur de PayPal. Depuis leur rencontre à la faculté de droit de Yale, il a pris J.D. Vance sous son aile. Peter Thiel lui a offert une carrière dans les nouvelles technologies et a mis sa fortune au service de son poulain. Dans un podcast, J.D. Vance encense le grand patron et se défend d’être sa marionnette : « Je vois toutes sortes de choses folles sur Internet à propos de Peter Thiel. C’est un ami de longue date. L’une des personnes les plus brillantes que j’aie jamais rencontrées, mais il ne m’a jamais rien demandé. »

Les deux hommes partagent les mêmes idées. Peter Thiel regrette, par exemple, que le droit de vote ait été accordé aux femmes. J.D. Vance, lui, affirme que les femmes sans enfants n’ont aucun intérêt pour la société. Une conversion politique radicale qui en cache une autre : après une période d’athéisme, J.D. Vance se fait baptiser catholique en 2019. À la recherche d’une autorité morale forte, il milite contre l’avortement, même en cas de viol ou d’inceste. « À sa racine, le christianisme enseigne à nos responsables publics de se soucier des questions fondamentales : la protection des enfants à naître, l’épanouissement de nos enfants, ainsi que la santé et le caractère sacré de nos mariages. »

Ses amis ne le reconnaissent plus. La volte-face est d’ailleurs si brutale que l’avocate Sofia Nelson, l’une de ses plus proches camarades, prend la parole à ce sujet sur CNN : « C’est vraiment déchirant de le voir devenir si insensible et clivant. J’ai l’impression de voir un caméléon. Il a changé d’avis sur absolument tous les sujets imaginables. Le J.D. Vance avec qui j’étais ami depuis plus de dix ans était compatissant. Il s’est mis à parler cruellement des gens différents de lui, et ce n’est plus du tout la personne que j’ai connue. »

Sofia Nelson, elle, est une femme transgenre. Lorsque J.D. Vance apporte son soutien public à une loi permettant aux médecins de l’Arkansas de refuser de soigner des patients LGBTQ, Sofia Nelson décide alors de couper les ponts.


Source:

www.franceinfo.fr

Annonce publicitairespot_img

Derniers articles

Annonce publicitairespot_img