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Présidentielle 2027 : "Je comprends l'impatience" lance Aurore Lalucq, députée européenne, à propos de la candidature de Raphaël Glucksmann

Invitée politique de « La Matinale » mardi 14 juillet, Aurore Lalucq, députée européenne du parti Place Publique, revient sur la potentielle candidature de son chef de file, Raphaël Glucksmann, à l’élection présidentielle.

Aurore Lalucq a répondu aux questions d’Alix Bouilhaguet ce mardi 14 juillet 2026 à 7h40 dans le cadre de la séquence L’invité politique de La Matinale de Franceinfo. Elle a évoqué plusieurs sujets dont l’incendie de la forêt de Fontainebleau, le bilan du quinquennat d’Emmanuel Macron et la possible candidature de Raphaël Glucksmann à l’élection présidentielle de 2027.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Alix Bouilhaguet : Plus de 32 000 hectares ont déjà brûlé depuis le début de l’année. Un bilan qui dépasse celui de l’ensemble des incendies de l’année dernière. Aucune région n’est épargnée, comme l’Île-de-France, avec la forêt de Fontainebleau. Comment expliquer cette situation ?

Aurore Lalucq : Nous sommes face à une multiplication des événements exceptionnels. On le sait depuis longtemps donc il y a quand même une certaine impréparation. Emmanuel Macron avait dit: « Ce quinquennat sera écologique ou ne sera pas. » Et il se finit par une déclaration du président du Haut Conseil pour le Climat qui prévient, en 2025: « Nous ne sommes pas prêts face au réchauffement climatique. » Il y a plein de choses qui ne sont pas faites. On ne prend pas bien soin des Français. Par exemple, dans le domaine du travail, on n’a pas étudié jusqu’à quelle température les Français peuvent continuer de travailler. Côté agriculture, il va falloir réfléchir à la question des semis. Les actions sont bien trop cosmétiques et pas assez structurelles.

Mais dans de nombreux cas, ces incendies sont intentionnels. 59 personnes ont été interpellées sur l’ensemble du territoire pour des mises à feu volontaires ou accidentelles. Comment lutter ? Emmanuel Macron n’est pas fautif.

Ce n’est évidemment pas la faute d’Emmanuel Macron, mais ces incendies arrivent sur un terrain de sécheresse. Il va falloir beaucoup plus entretenir nos forêts. La Cour des comptes avait alerté sur le fait que l’ONF, essentiel dans l’entretien de nos forêts, n’avait plus assez de moyens et de personnel. En 150 ans, la surface forestière a doublé. Comment organise-t-on l’aménagement de ces territoires ? Il faut beaucoup plus de spécialistes au gouvernement et beaucoup moins d’énarques. Il faut beaucoup plus les écouter, que ce soit dans le domaine environnemental, dans le domaine du numérique et des renouvelables.

Dans quelques heures, les forces armées françaises vont défiler sur les Champs-Élysées. Lundi, lors de son discours aux armées, Emmanuel Macron a appelé à poursuivre les projets industriels en matière de défense et à ne pas céder à l’absurdité du nationalisme alors que les Allemands ont décidé d’investir plus de 100 milliards dans leur défense cette année.

Il a raison. Il faut absolument que la question de la défense soit européanisée. Et il y a un élément d’inquiétude réel lorsque l’on voit que certains pays font cavalier seul, ou du moins tentent de le faire, dans le domaine de l’armement ou du spatial. Il faut se rendre compte qu’aujourd’hui, il y a une guerre sur le territoire ukrainien, il y a une guerre hybride sur notre continent, il faut penser global et au niveau européen, c’est absolument essentiel.

C’est le dernier 14 Juillet du chef de l’État. Dans neuf mois, il cédera sa place à l’Élysée. Quel bilan laissera-t-il à vos yeux ?

Il nous a présenté ce quinquennat comme celui d’un quinquennat écologique. Ça a été un échec. Il nous a présenté le Macronisme comme un renouveau de la démocratie. On finit avec une instabilité politique qui est de son fait parce que c’est lui qui a voulu la dissolution à un moment absurde. Il voulait une parfaite gestion des comptes publics. On se retrouve avec plus de 1000 milliards de dettes. Il aura aussi abîmé nos services publics et pas fait, je pense, grand bien au pays en réalité.

Les militants socialistes ont acté le principe d’une primaire ouverte aux adhérents du PS et à ceux de Place Publique. Raphaël Glucksmann compte-t-il se présenter à cette primaire ?

Il a dit qu’il se laisserait trois mois pour réfléchir, pour tenter de réunir. Il prendra sa décision à la rentrée. On va lui laisser le temps.

Pourquoi ne pas être candidat dès maintenant ?

On va discuter tranquillement avec le Parti Socialiste des modalités de ce processus de désignation. On va prendre quelques semaines de plus. Mais pour nous, c’était absurde de partir sans le Parti Socialiste.

Pendant ce temps-là, dans les sondages, l’homme fort de la gauche, celui qui est en dynamique, c’est Jean-Luc Mélenchon.

J’ai exprimé ma frustration face au processus de primaire ouverte, notamment, en disant à chaque fois: « On refait la même erreur », c’est-à-dire qu’on discute pendant 150 ans d’une primaire, et puis pendant ce temps-là, on ne parle pas aux Français. Je comprends l’impatience de ceux qui ont envie de se mettre en campagne. Moi aussi, j’en ai envie, très sincèrement. Mais voilà, encore quelques semaines de patience et puis on va y arriver, j’en suis absolument sûre. Il faut laisser juste le temps de finaliser ce processus de négociation. Mais moi aussi, j’ai hâte.


Source:

www.franceinfo.fr

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