- Advertisement - spot_imgspot_img
AccueilCultureREPORTAGE. Free Party dans le Cher : "C'est notre culture et on...

REPORTAGE. Free Party dans le Cher : "C'est notre culture et on se bat tous les jours pour ça", assurent ces teufeurs verbalisés à la sortie du site sur le départ


Publié le 04/05/2026 09:02



Mis à jour le 04/05/2026 09:10

Temps de lecture : 3min

Les teufeurs quittent le terrain militaire dans le Cher, sous l’œil des gendarmes, le 3 mai 2026. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Laurent Nunez a affirmé que « tous ceux qui sortent de ce teknival », qui a réuni jusqu’à 20 000 participants seraient « verbalisés à double titre », pour avoir pénétré sur un terrain militaire et avoir participé à un rassemblement illégal.

Petit à petit, le site se vide. Après la plus grosse rave party illégale de l’année dans le Cher, les milliers de teufeurs ont commencé à partir, dimanche 3 mai. Les 20 000 participants au plus fort du week-end sont cernés par les gendarmes qui contrôlent toutes les voitures : 2 000 ont ainsi été verbalisés pour la journée de dimanche.

Sur place, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a déclaré vouloir réprimer plus durement les teknivals sauvages et il a donné pour consigne aux gendarmes de mettre des amendes systématiques. Samedi soir, des démineurs de la DGA sont intervenus après la découverte d’un obus « en bordure du site du Teknival », selon la préfecture, qui a compté jusqu’à 17 000 participants – 40 000 selon une source proche des organisateurs.

Les files de voitures s’alignent sur des kilomètres devant les barrages des forces de l’ordre. Un Peugeot Partner, rempli de cinq copains et de bouteilles vides, s’avance jusqu’au fourgon de gendarmerie. Hugo et ses amis repartent épuisés, couverts de boue. Ils n’ont même plus la force de donner un faux nom pour l’amende. « Non, mais on a voulu faire les gamins, en mode on s’invente des noms, des prénoms et au bluff… Ça ne sert à rien, on se fait toujours avoir. La pression, le week-end, la fatigue… Tu craques au bout d’un moment », expliquent-ils.

Des teufeurs sur le site de Cornusse dans le Cher, le week-end du 1er mai (MICHEL BENOÎT / RADIO FRANCE)

Des teufeurs sur le site de Cornusse dans le Cher, le week-end du 1er mai (MICHEL BENOÎT / RADIO FRANCE)

« Est-ce que vous savez pour quelle raison vous avez été verbalisé ? », leur demande une gendarme. « On a trop dansé ? », tentent-ils. « Monsieur, vous avez été verbalisé pour une participation à une manifestation interdite, 135 euros. » À l’arrière, les jeunes haussent les épaules : « On va dire que ça paye la place du festival. Oui, c’est vrai, 135 euros d’amende, c’est comme si t’avais payé ta place. On a passé un beau week-end ! »

Au loin, dans les blés, on aperçoit des teufeurs qui repartent avec leurs tentes sur le dos. Ils se dirigent vers les routes, pour faire du stop, comme Robin et Azénor, qui font une pause dans un McDonald’s du coin.

« Il y a vraiment des gens qui venaient de partout, genre d’Italie et tout… Donc je pense qu’il y a des gens qui partent dans toutes les directions et on doit retrouver des mecs qui font du stop à 20 kilomètres à la ronde »

Robin et Azénor

à franceinfo

Eux essayent de « rentrer à Rennes » :  » C’est un peu loin, 4 heures ». « On n’a pas trouvé de voiture et il y a un mec qui nous a pris en stop, tant qu’on nous rapproche, en fait… »

Au volant de son tracteur, Éric remonte la file de camping-cars d’un énième checkpoint de gendarmerie. Il est en colère : c’est lui qui cultive les terres du champ de tir : « C’est une impuissance de l’État. Je ne comprends pas, c’est interdit de faire ça, sur un terrain militaire en plus ! Il va être pollué pendant combien de temps le terrain, avec les canettes de bière, les mégots de cigarettes ? Et il y a tout le reste, ça se sent. Il y a beaucoup de drogués. »

Dans le village, pourtant, on n’entend plus que les moutons. Sur le pas de leur porte, Éric et Mathilde regardent les teufeurs repartir, presque déçus de ne plus entendre le bruit des caissons de basse. « Il y en a qui ont uriné sur le mur. Je les ai un petit peu secoués, on est à la campagne quand même, explique Mathilde, mais c’était vivant, très bon enfant. » « Hier, on est allés sur site, on est allé discuter avec des teufeurs, reprend son mari. Et pour en avoir discuté avec d’autres personnes de la commune, en fait, pourquoi ne pas organiser ça de façon plus encadrée ? Tous les gens qu’on a croisés, nous, étaient particulièrement sympathiques. »

« Il y a une loi qui est passée, elle va être appliquée. Nous, on est là pour ça aussi. »

Loïc, teufeur

à franceinfo

Sur l’immense terrain de l’armée, les énormes sonos crachent toujours leurs basses, les tentes sont de plus en plus clairsemées, autour de celle de Loïc.

Une pancarte dénonçant la proposition de loi 113, qui prévoit de renforcer la pénalisation de ces fêtes non déclarées ou interdites. (MICHEL BENOÎT / RADIO FRANCE)

Une pancarte dénonçant la proposition de loi 113, qui prévoit de renforcer la pénalisation de ces fêtes non déclarées ou interdites. (MICHEL BENOÎT / RADIO FRANCE)

Lui a décidé de rester : il assure qu’il faudra que les CRS viennent le déloger. « Eux, ils veulent qu’on parte. Mais nous, c’est notre culture et on se bat tous les jours pour ça. Le Teknival s’appelle le ‘Teknival de l’Indépendance’. Nous, on ne va pas mourir, ils ne vont pas nous tuer ! On prend une amende, c’est de l’argent, c’est du papier quoi. » Le jeune cuisinier ne reprend le travail que mardi. Il veut profiter « jusqu’au bout », dit-il, avant que ça ne devienne « un délit de danser ».


Source:

www.franceinfo.fr

Annonce publicitairespot_img

Derniers articles

Annonce publicitairespot_img