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On pensait la route vers Mars connue : une étude ouvre un chemin bien plus audacieux et rapide !

Depuis des décennies, Mars fascine les scientifiques. Aujourd’hui aride, la Planète rouge abritait il y a plusieurs milliards d’années de l’eau liquide, fait plus qu’intrigant pour la recherche de vie passée ailleurs que sur Terre.

Actuellement, les missions robotiques s’y succèdent avec succès, mais envoyer des humains sur Mars reste un défi colossal. Les trajectoires actuelles reposent principalement sur des routes relativement directes entre la Terre et Mars (appelées transferts de Hohmann), optimisées pour limiter la consommation de carburant. On considère ainsi des voyages d’environ six à neuf mois dans le meilleur des cas.

Ce délai n’est pas anodin : plus le trajet est long, plus les astronautes sont exposés aux radiations cosmiques et aux effets délétères de l’absence de gravité. À cela s’ajoute la nécessité d’emporter des réserves importantes en nourriture, en eau et en oxygène, ce qui alourdit considérablement les missions et fait grimper les coûts.


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Les grandes agences spatiales, comme la Nasa ou l’ESA, ainsi que des acteurs privés, travaillent activement sur des projets de missions habitées vers Mars dans les décennies à venir, notamment dans le but de réaliser des analyses sur place, et dans un futur moyennement lointain, d’y établir une présence humaine permanente.

Mais entre contraintes budgétaires, défis technologiques et risques humains, le calendrier reste incertain. Réduire la durée du voyage apparaît donc comme l’un des leviers majeurs pour rendre ces missions plus viables. 

Deux rovers de la Nasa sont actuellement sur la surface martienne, afin d’en apprendre plus sur l’histoire la Planète rouge. © Nasa, JPL-Caltech, ASU, MSSS, ESA, University of Arizona, JHUAPL, USGS Astrogeology Science Center

Et si les astéroïdes devenaient des raccourcis vers Mars ? 

Une nouvelle étude, publiée dans la revue ScienceDirect, propose une stratégie originale : utiliser certains astéroïdes comme points d’appui pour se propulser vers Mars. Plutôt que de suivre une trajectoire directe, l’auteur explore ici des itinéraires qui pourraient tirer parti de la gravité combinée de plusieurs objets célestes.

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Le principe s’apparente aux assistances gravitationnelles déjà utilisées pour des missions lointaines, notamment vers les planètes externes, mais appliquées ici à une échelle plus fine. Les astéroïdes, bien que de taille modeste, possèdent une gravité suffisante pour influencer légèrement la trajectoire d’un vaisseau. En enchaînant ces interactions de manière optimale, il serait possible de modifier la vitesse et la direction du vaisseau en limitant la consommation de carburant.

Pour identifier ces trajectoires, l’auteur a utilisé des modèles mathématiques complexes issus de la mécanique céleste. En cartographiant ces nouvelles routes gravitationnelles, il met en évidence des chemins potentiellement plus rapides ou plus économes en énergie que les routes classiques. Cette approche repose donc sur l’identification d’astéroïdes dont les orbites croisent ou s’approchent de celles de la Terre et de Mars à des moments favorables. Le défi consiste alors à synchroniser parfaitement le lancement et les différentes étapes du voyage.

Une nouvelle façon de voyager dans le Système solaire ? 

Si cette méthode se confirme, elle pourrait transformer en profondeur les voyages vers la Planète rouge. L’auteur met d’ailleurs en avant une fenêtre en 2031, qui semble particulièrement favorable.

Dans cette configuration, des missions aller-retour vers Mars pourraient être nettement plus rapides que celles envisagées aujourd’hui. Selon les scénarios proposés, le trajet aller pourrait être réduit à 33 jours dans une version très ambitieuse, ou environ 56 jours dans une version plus réaliste. 

Travel to mars asteroid 2031
Configuration complète d’une mission aller-retour Terre–Mars–Terre en 2031 pour le cas le plus optimiste (33 jours à l’aller et 90 jours au retour). Le panneau (a) montre le transfert Terre–Mars de 33 jours, avec un départ le 20 avril 2031 et une arrivée le 23 mai 2031. Le panneau (b) présente le retour Mars–Terre correspondant, d’une durée de 90 jours, avec un départ le 22 juin 2031 et une arrivée le 20 septembre 2031. © de Oliveira Souza, 2026 

Au total, la mission complète (l’aller, le séjour et le retour) pourrait durer entre 150 et 226 jours, contre souvent plus de 500 jours avec les architectures classiques. Et les implications sont loin d’être anodines : des voyages plus courts réduiraient l’exposition aux radiations et les besoins en ressources, tout en permettant des missions avec des séjours plus brefs sur Mars.

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Ces trajectoires prometteuses restent cependant difficiles à mettre en œuvre : elles exigent une précision de navigation extrême, car la moindre erreur peut compromettre l’ensemble du parcours. Leur complexité rend de plus la planification et le pilotage plus délicats que pour les trajectoires classiques. Surtout, les gains de temps reposent sur des vitesses élevées, probablement hors de portée des systèmes de propulsion actuels, ce qui suppose des technologies encore en développement. Enfin, ces itinéraires offrent moins de marges de sécurité en cas d’imprévu, un enjeu majeur pour des missions habitées.

Malgré cela, cette approche esquisse une nouvelle manière de naviguer dans le Système solaire, en s’appuyant sur de véritables « routes dynamiques ». Une piste qui reste encore à explorer davantage, mais qui pourrait à terme rapprocher les missions habitées vers Mars de la réalité.


Source:

www.futura-sciences.com

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