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"Le risque pour le grand public est faible" : le foyer d'hantavirus peut-il se propager au-delà du bateau de croisière "MV Hondius" ?

L’OMS enquête sur l’origine de la contamination à bord du « MV Hondius ». Pour l’heure, l’organisation se veut rassurante, estimant que ce type de virus ne se propage pas « comme la grippe ou le Covid-19 ».


Publié le 05/05/2026 18:11



Mis à jour le 05/05/2026 18:19

Temps de lecture : 3min

Le bateau de croisière « MV Hondius » stationne près du port de Praia, la capitale du Cap-Vert, le 5 mai 2026. (AFP)

Un bateau de croisière, sept malades, 147 passagers et des investigations en cours. Immobilisé depuis dimanche près de la capitale du Cap-Vert en raison d’un foyer d’hantavirus à bord, le MV Hondius, qui reliait Ushuaïa (Argentine) à l’archipel situé au large du Sénégal, demeure, mardi 5 mai, en quête d’un port où accoster en vue de la prise en charge de ses passagers et membres d’équipage.

Avec 88 passagers et 59 membres d’équipage de 23 nationalités à son bord (dont « cinq passagers français » selon le ministère des Affaires étrangères à franceinfo), le navire a déjà enregistré trois décès parmi les passagers, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Au total, deux cas d’hantavirus ont été confirmés et cinq autres étaient en cours d’investigation mardi. L’un des passagers concernés a été évacué vers l’Afrique du Sud. A bord, restent donc trois personnes présentant « une forte fièvre et/ou des symptômes gastro-intestinaux », a précisé l’OMS.

Les premiers symptômes sont apparus à bord du MV Hondius « entre le 6 et le 28 avril ». Les passagers infectés ont eu de la fièvre et ressenti des symptômes gastro-intestinaux, qui ont rapidement évolué vers une pneumonie, un syndrome de détresse respiratoire aiguë et un état de choc. A ce stade, l’OMS suppose qu’un ou des premiers cas « ont été infectés en dehors du navire » par le virus et qu’il y a eu ensuite « une transmission interhumaine », a déclaré aux journalistes Maria Van Kerkhove, directrice par intérim du département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l’OMS. Toutefois, a-t-elle précisé, il faut que des individus soient vraiment très proches pour une contamination. « Le risque pour le grand public est faible. Il ne s’agit pas d’un virus qui se propage comme la grippe ou le Covid-19. C’est très différent », a-t-elle souligné.

Les hantavirus sont des virus qui se transmettent à l’être humain par les rongeurs (généralement par contact avec leur urine, leurs excréments ou leur salive) et peuvent provoquer des maladies graves. Une morsure ou un contact avec ces rongeurs ou leurs déjections peuvent provoquer une infection, mais celle-ci vient le plus souvent de l’inhalation de poussière contaminée « aux cours d’activités en forêt ou dans des locaux proches de la forêt et longtemps inhabités » ou « lors d’activités dans des zones rurales ou les champs et les fermes » détaille Santé publique France.

Ces virus, présents sur tous les continents, sont répertoriés en fonction de leur origine géographique. Les hantavirus présents en Asie et en Europe peuvent engendrer une fièvre hémorragique à syndrome rénal (FHSR), tandis que ceux présents sur le continent américain sont plutôt à l’origine de syndrome cardiopulmonaire à hantavirus (HCPS), une maladie respiratoire grave, précise l’OMS. Contrairement aux hantavirus européen, asiatique et africain, ceux présents sur le continent américain affichent une létalité plus élevée, pouvant « dépasser 40% », pointe auprès de l’AFP Virginie Sauvage, responsable du Centre national de référence des hantavirus à l’Institut Pasteur, à Paris. Le virus des Andes (présent en Argentine, d’où est parti le navire) est le seul pour lequel une transmission interhumaine a été documentée. Toutefois, « on ignore encore s’il s’agit du virus des Andes », pointe la praticienne.

« On connaîtra l’origine du virus dans quelques jours avec les résultats du séquençage ARN », explique le Dr Vincent Ronin, infectiologue et responsable au pôle international de l’ANRS-MIE. « A l’heure actuelle, il n’y a pas d’alerte particulière en cours sur le territoire d’où vient le bateau », poursuit le médecin, tempérant ainsi l’hypothèse d’une épidémie à grande échelle. « Si la présence du virus des Andes est confirmée, alors cela ne ferait que corroborer ce que l’on sait déjà : cette souche d’hantavirus peut se transmettre dans des conditions de promiscuité particulières, telles que rencontrées sur un bateau de croisière. C’est un lieu confiné, qui plus est avec à son bord des personnes plutôt âgées donc plus vulnérables », décrypte-t-il.

En 2020, en pleine pandémie de Covid-19, les 9 711 personnes qui se trouvaient à bord du Diamond Princess avaient été placés en quarantaine après que 285 cas avaient été identifiés à bord. « Toute épidémie à bord [d’un bateau] reste une hantise pour les équipages », reconnaît sur franceinfo Matthieu Coudreuse, membre de la société française de médecine maritime. « Les compagnies mettent tout en œuvre pour prévenir et éviter ce genre d’épidémie », en limitant notamment « tout ce qui pourrait être introduit à bord. »


Source:

www.franceinfo.fr

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