C’est un peu l’éléphant dans la pièce. Alors que la Chine menace tous les pans de l’économie européenne – du petit commerce, fragilisé par l’afflux massif de colis envoyés par les plateformes Shein ou Temu, à l’industrie automobile, concurrencée par le constructeur BYD, en passant par les technologies de pointe – et qu’elle prend des parts de marché aux exportateurs du Vieux Continent en dehors de leurs frontières, l’Union européenne (UE) regarde ailleurs.
Entre la guerre en Ukraine, la détérioration des relations avec les Etats-Unis de Donald Trump et le conflit au Moyen-Orient, les Vingt-Sept sont accaparés par les crises à répétition et « la Chine se fait oublier », regrette Elvire Fabry, de l’Institut Jacques Delors. « Comme tout animal pris dans les phares d’une voiture, l’Europe semble tellement tétanisée par la menace américaine qu’elle risque d’en oublier » la menace chinoise, écrit l’eurodéputée (Alliance progressiste des socialistes et démocrates) et coprésidente de Place publique Aurore Lalucq, dans son livre Trump contre l’Europe (Les Petits Matins, 136 pages, 14 euros).
Le constat est pourtant sans appel. Le « second choc chinois », après celui du début des années 2000, est ravageur. Le haut-commissaire au plan, Clément Beaune, parle même d’un « danger de mort pour notre industrie ». Sur fond de dévaluation du yuan et à coups de subventions massives, les entreprises chinoises gagnent du terrain partout. En 2025, la Chine a vendu plus de voitures en Europe que l’Europe en Chine et dégagé un excédent commercial de 360 milliards d’euros avec l’UE. L’Allemagne, dont l’industrie perd 10 000 emplois par mois, en est aujourd’hui la première victime.
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