Le ministre de la défense américain, Pete Hegseth, a ordonné le retrait d’environ 5 000 militaires d’Allemagne d’ici à un an, soit près de 15 % des effectifs présents dans ce pays, a annoncé le Pentagone, vendredi 1er mai. « Nous prévoyons que le retrait se termine dans les six à douze prochains mois », a estimé le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, dans un communiqué. Plus de 36 000 soldats américains sont actuellement positionnés en Allemagne, selon un décompte officiel arrêté fin 2025.
Cette annonce intervient après que le président Donald Trump a envisagé plus tôt dans la semaine une réduction des forces armées américaines stationnées en Allemagne, pays allié membre de l’Alliance atlantique (OTAN), après des propos du chancelier, Friedrich Merz, qui ont suscité sa colère. Le dirigeant conservateur allemand a estimé, lundi, que « les Américains [n’avaient] visiblement aucune stratégie » en Iran et que Téhéran « humiliait » la première puissance mondiale.
« Il pense que c’est OK que l’Iran se dote de l’arme nucléaire. Il ne sait pas de quoi il parle ! », lui avait répondu Donald Trump, mardi.
Le lendemain, le président américain avait écrit que Washington était « en train d’étudier et d’examiner la possible réduction » de la présence militaire américaine en Allemagne. « Une décision sera prise très prochainement », avait-il précisé.
« L’Italie n’a été d’aucune aide et l’Espagne a été odieuse »
Donald Trump en veut en particulier aux alliés européens des Etats-Unis de rechigner à contribuer logistiquement ou militairement à l’offensive israélo-américaine contre l’Iran ou à la sécurisation du stratégique détroit d’Ormuz, pratiquement verrouillé par Téhéran.
Plus largement, au fil de ses deux mandats, le président républicain a multiplié les critiques contre les pays européens pour ce qu’il considère comme un manque d’engagement dans leur propre défense, et l’OTAN, qu’il accuse de dépendre excessivement de la protection militaire américaine. Il agite régulièrement la menace d’un désengagement des Etats-Unis.
Outre l’Allemagne, Donald Trump a déclaré, jeudi, envisager également une réduction des forces américaines en Italie et en Espagne, toujours sur fond de guerre en Iran. « Probablement, je le ferai sans doute. Pourquoi ne devrais-je pas ? », a-t-il répondu dans le bureau Ovale, interrogé sur cette possibilité. « L’Italie n’a été d’aucune aide et l’Espagne a été odieuse, absolument odieuse », a-t-il affirmé.
Fin 2025, l’Italie comptait 12 662 soldats américains en service actif et l’Espagne 3 814, selon un décompte officiel.
L’Union européenne a souligné, jeudi, que la présence de troupes américaines en Europe « ser[vai]t également les intérêts des Etats-Unis dans le cadre de leur action à l’échelle mondiale ».
Source:
www.lemonde.fr





