Plus qu’une exposition, c’est une invasion. Annette Messager au Musée de la chasse et de la nature, à Paris, en est l’instigatrice, avec son cortège d’oiseaux noirs – corbeaux ou merles –, d’escargots géants, de petits ou plus grands monstres. Ils se perchent sur les cheminées et les meubles, montent le long des murs et s’y suspendent à des fils noirs.
Il y en a partout, du rez-de-chaussée au deuxième étage : dans les espaces voués d’ordinaire aux expositions, dans les salons pompeusement meublés et ornés des hôtels de Guénégaud et de Mongelas, dans les salles d’exposition permanente, les cabinets de curiosités et les recoins et jusque dans l’escalier. A en croire le plan, cela fait en tout dix-neuf endroits pour près de 80 œuvres.
Qu’Annette Messager soit à son aise dans cet exercice n’est pas une surprise. D’une part, son bestiaire fantastique et symbolique en retrouve ici tout naturellement un autre, réel et taxidermisé, ainsi que des peintures de chasseurs et de chiens du plus strict naturalisme. D’autre part, l’artiste a démontré depuis longtemps qu’elle sait aussi bien tirer parti d’architectures et de décors anciens, que des blancs et géométriques musées d’art contemporain. Qu’elle ait pris plaisir à s’installer ici est visible, et c’est un plaisir communicatif, la visite étant scandée de surprises et d’incongruités.
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Source:
www.lemonde.fr





