Publié le 05/05/2026 14:39
Mis à jour le 05/05/2026 14:47
Temps de lecture : 2min – vidéo : 8min
La cofondatrice du collectif de lutte contre les violences dans le périscolaire s’exprime dans le « 11h/13h » en marge de l’ouverture, mardi 5 mai, d’un premier procès sur le scandale du secteur à Paris. Elle explique pourquoi l’affaire pour laquelle est jugé un animateur est particulière.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Flore Maréchal : Vous êtes cofondatrice du collectif SOS Périscolaire, vous êtes l’invitée du « 11/13 » aujourd’hui, merci d’être venue. Nicolas G. risque 10 ans de prison, 150 000 euros d’amende. Ce premier procès, surtout, il va donner le ton de la suite ?
Anne Thoumieux : On l’espère, en tout cas, puisque dans la plupart des cas, malheureusement, les plaintes sont classées sans suite. C’est pour ça que c’est le tout premier procès parisien. Il y en a eu en province, puisque nous, on s’occupe de tout le territoire. Mais à Paris, c’est vrai qu’on espère que ça marquera un tournant, notamment dans la prise en compte de la parole des enfants qui est si souvent minimisée.
Et c’est vraiment ce qui est important, dans cette affaire particulièrement, parce que ce sont ces fillettes de 10 ans qui ont ouvert la voie, qui ont ouvert la porte de leur directrice pour parler de ces mots inappropriés, de ces câlins appuyés sur certaines parties du corps. C’est une étape évidemment essentielle dans la reconnaissance de la parole de l’enfant et de leur courage…
Oui, cette affaire est extrêmement symptomatique des manquements et des dysfonctionnements majeurs que nous, à SOS Périscolaire, on dénonce depuis 2021 déjà. Mais elle est aussi très particulière pour deux raisons.
Les autres animateurs auraient aussi pu parler ?
Par exemple, ça fait partie des dysfonctionnements. Mais on peut aussi dire qu’on constate que cet animateur a été tout seul avec un groupe de fillettes sans que personne ne vienne contrôler ne serait-ce que la nature des dessins, puisqu’il avait un atelier manga, il leur faisait dessiner des personnages extrêmement sexualisés, donc on constate bien qu’il n’y a eu aucun contrôle. Ce qui est particulier aussi dans cette affaire, ce sont deux choses. La première, c’est que les enfants ont eux-mêmes parlé, non pas à leurs parents, mais à la directrice de l’école. Donc déjà, peut-être que la prévention, la sensibilisation que ces fillettes avaient reçue fonctionne, ce qui est un signal fort. Et l’autre chose, c’est que c’est la responsable de l’éducation qui a réagi, et ça, ça fait partie des choses extrêmement importantes qu’on essaye de mettre en place, c’est-à-dire des ponts entre l’Éducation nationale, qui gère le côté scolaire, et les collectivités, donc les mairies, qui gèrent le périscolaire. Le premier « step », c’est qu’à Paris, un protocole a été signé entre l’Éducation nationale et la Ville, de manière à rappeler aux fonctionnaires leur obligation, notamment en vertu de l’article 40, de signaler toute violence commise sur des mineurs dont ils auraient connaissance dans l’exercice de leurs fonctions.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité.
Source:
www.franceinfo.fr





