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A Lyon, un programme de logements revendique l’utilisation de « bois bleu », souvent délaissé car marqué par un champignon

Tout est d’abord affaire de géométrie : découper des carrés et des rectangles dans des cylindres de bois, pour en sortir un maximum de plateaux, poutres et chevrons. Calé dans le fauteuil de sa cabine qui surplombe la longue halle de la scierie Chauvin, installée à Mignovillard, une petite commune du Jura à 800 mètres d’altitude, Stéphane (il n’a pas souhaité donner son nom), un œil sur les billons de résineux qui défilent sous ses pieds, l’autre sur les écrans de contrôle, résout l’exercice, manette en main, guidé par un laser.

A cet art de manier les formes s’ajoute celui de distinguer les couleurs. Uniquement à la vue, cette fois. Blanc, pas de problème. Noir, l’opérateur, quinze ans d’expérience, arrête le chariot de la scie à ruban – « Là, la grume sur laquelle on a déjà enlevé un plateau, sur la droite, au milieu, il y a trois entailles noires. Ça, c’est du gros ver », on écarte. Le bois est inapte à la construction. « Rien ne tue le ver, il continue de manger », explique Stéphane. Quant au bleu, « là, en bordure », les équipes de cette scierie familiale – une histoire de cinq générations – ont appris à le considérer, depuis que le scolyte s’est mis à ravager les forêts d’épicéas. L’insecte minuscule, que l’arbre noie habituellement dans un bain de résine, se régale avec les épisodes de sécheresse amplifiés par le réchauffement climatique. Les températures élevées favorisent sa prolifération. En Bourgogne et en Franche-Comté, depuis 2018, des dizaines de milliers d’hectares ont été atteints. Les paysages de l’est de l’Europe sont profondément bouleversés. Les Alpes commencent à être touchées.

Un scanner détecte les défauts du bois, à la scierie Chauvin, à Mignovillard (Jura), le 23 avril 2026.

Les traces bleutées proviennent d’un champignon qui se développe après le passage du coléoptère. Ce sont précisément ces sections colorées, et non celles immaculées importées de Scandinavie, que Paul Jarquin, fondateur de REI Habitat (dont Axa détient 49 % du capital), spécialiste de la construction bois, entend utiliser massivement dans une opération à Lyon, au cœur du quartier de la Confluence.

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Source:

www.lemonde.fr

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