«Le pouvoir sanctifiant de cette nuit dissipe la haine et soumet toute puissance». Présidant la veillée pascale ce Samedi Saint dans la basilique Saint-Pierre, le Pape a souligné que «l’homme peut tuer le corps, mais la vie du Dieu d’amour est une vie éternelle, qui va au-delà de la mort et qu’aucun tombeau ne peut emprisonner». Léon XIV a exhorté à ne pas se laisser paralyser par les pierres qui scellent les tombeaux ouverts de nos jours: la guerre, l’injustice, la fermeture entre les peuples.
Myriam Sandouno – Cité du Vatican
En cette «nuit très sainte», la Vigile pascale, l’une des plus importantes célébrations liturgiques, a été présidée par Léon XIV pour sa première fois comme Successeur de Pierre. Cardinaux, évêques, prêtres, religieux et religieuses, ont pris part à cette «veillée lumineuse», la plus ancienne de la tradition chrétienne appelée «mère de toutes les veillées».
La lumière du Christ ressuscité, «victoire de la vie sur la mort et l’enfer», a été symbolisée par le cierge pascal, à partir duquel tous ont allumé leurs bougies en début de célébration. Chacun portant une flamme tirée du même feu, telle une vague de lumières dans l’obscurité de la basilique Saint-Pierre, l’illuminant progressivement. «C’est le signe de la lumière pascale qui nous unit dans l’Église comme des lampes pour le monde», a déclaré Léon XIV. Le «Lumen Christi» entonné trois fois par le diacre a conduit à la procession d’entrée de toute l’assemblée.
Sept lectures de l’ancien testament, sept psaumes chantés, des prières d’oraisons et l’Évangile selon saint Matthieu qui évoque la «Résurrection de Jésus d’entre les morts, Mt 28, 1-10), ont plongé l’ensemble des 10 000 fidèles dans la prière et la méditation. Au terme de la dernière oraison dite par le Pape, le chant du Gloria fut entonné par le chœur en latin, tandis que retentissaient à nouveau à toute volée, les cloches dans la basilique papale. Un moment fort de la liturgie qui annonce en effet la joyeuse Résurrection du Christ.
Une vie éternelle au-delà de la mort
Dans son homélie, le Pape a en effet souligné que «dans le tremblement de terre et dans l’ange assis sur le rocher renversé», Marie de Magdala et l’autre Marie, «premiers témoins de la résurrection», qui se sont rendues au sépulcre «grâce à leur foi et à leur amour», ont vu «la puissance de l’amour de Dieu». «Un amour plus fort que n’importe quelle force du mal, capable de “dissiper la haine” et de “soumettre toute puissance”». «L’homme peut tuer le corps, mais, en est convaincu Léon XIV, la vie du Dieu d’amour est une vie éternelle, qui va au-delà de la mort et qu’aucun tombeau ne peut emprisonner».
À l’exemple des femmes qui se sont précipitées pour annoncer la nouvelle à leurs frères, le Pape a encouragé chaque chrétien au sortir de cette basilique papale, à «apporter à tout le monde la bonne nouvelle que Jésus est ressuscité et que, par sa force, ressuscités avec Lui, nous pouvons donner vie à un monde nouveau, de paix et d’unité», comme «une multitude d’hommes et en même temps […] un seul homme, car, bien qu’il y ait beaucoup de chrétiens, le Christ est unique». Son tombeau était vide, alors que Marie de Magdala et l’autre Marie s’attendaient à le trouver scellé avec une grande pierre à l’entrée et des soldats montant la garde.
Ouvrir les tombeaux de notre époque
Encore de nos jours, a affirmé le Saint-Père, «des tombeaux sont à ouvrir, et les pierres qui les scellent sont souvent si lourdes et si bien surveillées qu’elles semblent inamovibles. Certaines oppriment le cœur de l’homme, comme la méfiance, la peur, l’égoïsme, la rancœur. D’autres, conséquence de ces dernières, brisent les liens entre nous, comme la guerre, l’injustice, la fermeture entre les peuples et les nations». Léon XIV a ainsi mis en garde: «Ne nous laissons pas paralyser par elles». Au fil des siècles, a-t-il rappelé, «nombre d’hommes et de femmes, avec l’aide de Dieu, les ont fait rouler, parfois au prix de grands efforts, parfois au prix de leur vie, mais avec de bons fruits dont nous bénéficions encore aujourd’hui».
«Ce ne sont pas des figures inaccessibles mais des personnes comme nous qui, fortifiées par la grâce du Ressuscité, dans la charité et la vérité, ont eu le courage de parler, comme le dit l’apôtre Pierre, “avec les paroles de Dieu” et d’agir “avec la force que Dieu leur a donnée”, afin que Dieu soit glorifié en tout», a-t-il ajouté. En cette Vigile pascale, le Souverain pontife a encouragé à s’inspirer de leur exemple et, «faire nôtre leur engagement, afin que partout et toujours dans le monde grandissent et s’épanouissent les dons pascals de la concorde et de la paix».
De nouveaux baptisés à la rencontre du Seigneur
Après son homélie, le Pape a poursuivi la célébration avec la liturgie baptismale, procédant au baptême de 10 catéchumènes originaires d’Italie, de Corée, de Grande-Bretagne et du Portugal. D’un long chemin du catéchuménat, «ils renaissent aujourd’hui dans le Christ pour être des créatures nouvelles, témoins de l’Évangile».
Les parrains et marraines, ont été invités à remettre aux nouveaux baptisés, le symbole de la lumière: «Vous êtes devenus lumière dans le Christ. Marchez toujours comme des enfants de la lumière afin que, en persévérant dans la foi, vous puissiez aller à la rencontre du Seigneur qui vient, avec tous les saints, dans le royaume des cieux», a lancé Léon XIV aux nouveaux baptisés.
Sacrement de confirmation
La messe a également été marquée par la célébration du sacrement de la confirmation des candidats. À cette étape de la célébration eucharistique, l’évêque de Rome a invoqué l’Esprit Saint sur les confirmands: «L’Esprit de sagesse et d’intelligence, de conseil et de force, de science et de piété». Les prières des fidèles ont ensuite été élevées vers le Christ, afin qu’il «inspire aux dirigeants le désir d’une paix désarmée et juste», ainsi que «force et espérance à ceux qui sont opprimés et persécutés».
Source:
www.vaticannews.va






