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VIDEO. L’un des cacaos les plus chers au monde : une production d’exception ressuscitée en Martinique par une jeune femme sur les terres de son grand-père


Publié le 04/04/2026 10:06



Mis à jour le 04/04/2026 14:06

Temps de lecture : 4min – vidéo : 6min

Grâce à la forêt de son grand-père, Kora Bernabé a su faire renaître un trésor en Martinique. Cette ingénieure agronome de 37 ans a relancé la culture oubliée de fèves de cacao et structuré la filière pour en faire un produit d’excellence, prisé par les plus grands chocolatiers.

Les fêtes de Pâques sont synonymes de gourmandise et de ruée sur le chocolat. L’occasion pour le magazine « 13h15 le samedi » (X, #13h15) d’aller à la rencontre de l’une des rares productrices de fèves de cacao en France. A 37 ans, l’ingénieure agronome Kora Bernabé contribue à faire renaître en Martinique cette ressource oubliée. Très répandue aux XVIe et XVIIe siècles, la culture de cacaoyers a disparu de l’île au profit de celles de la canne à sucre et de la banane, jugées plus rentables et moins complexes à produire.

Dans la région du Carbet où elle a grandi, Kora arpentait, enfant, la forêt de son grand-père acquise dans les années 1970, en ignorant qu’elle abritait cette richesse ancestrale. « Une de mes tantes a fait des recherches sur le terrain et nous a dit que c’était une vieille plantation de cacao et de café. Je me suis dit ‘ Top ! On va refaire du cacao en Martinique‘ ! », se souvient-elle. Elle décroche un diplôme d’ingénieur agronome, se forme dans plusieurs pays producteurs puis replante du cacao chez elle.

Désormais, Kora reçoit la visite de chocolatiers du monde entier, très friands de cette fève 100% française. Éric Bouzard, installé à Saint-Etienne, a fait le voyage de métropole pour découvrir la production de ce cacao à la saveur unique. « C’est magique ! C’est beau ce que nous donne la nature », s’émerveille-t-il devant la plantation. Pour la culture de ses fèves, Kora s’est fixé trois règles : produire sur de toutes petites parcelles, en respectant les principes d’agroforesterie et sans produit chimique. Chaque année, un cacaoyer produit entre 20 et 80 fruits appelés cabosses. « Ce sont des variétés qui viennent de chez nous, qui ont évolué sur le territoire pendant des siècles, et qui sont vraiment adaptées au lieu, précise Kora. Dans une cabosse, il y en a entre 40 et 60 fèves, soit une cabosse pour réaliser une tablette de chocolat », ajoute-t-elle.

La renaissance de la culture du cacao ne s’est pas faite en un jour, Kora y travaille depuis près de dix ans auprès des instances agricoles du pays. Quand elle a imaginé son projet, du haut de ses 26 ans, elle a dû s’imposer : « Ce qui a été de plus difficile pour moi au début, c’est de me faire reconnaître en tant que jeune femme noire, dans un contexte hyper masculin. Qu’est-ce qu’elle vient faire cette petite-là et quelle légitimité a-t-elle ? Cette légitimité, il faut l’arracher… », reconnaît-elle.

Au fil des ans, Kora a su convaincre une cinquantaine de producteurs de se lancer dans le cacao avec elle et de se constituer en coopérative. Sur le site installé au Lorrain, tous les producteurs déposent leurs cabosses, qui sont achetées 40 centimes pièce. A ce tarif, c’est l’un des cacaos les plus chers du monde car produit en France. Après avoir fermenté une semaine dans des feuilles de bananier puis séché au soleil, les fèves sont prêtes à partir chez les chocolatiers français, belges, américains, émiratis mais avant, Kora contrôle de près la qualité. « C’est hyper important parce qu’une fermentation qui est mal menée, on aura un cacao qui sera amer », explique-t-elle.

Dans l’espace séchage, certaines fèves mal fermentées ont viré au violet et ne seront pas commercialisées. Ces pertes sont pour Kora une occasion de perfectionner plus encore les différentes étapes de la production : « Ça arrive à moins de 5% de la production, donc ça n’a rien de dramatique. Ce sont les aléas de l’artisanat… On va les garder chez nous et essayer de comprendre ce qu’il s’est passé. C’est comme ça aussi que l’on est dans de l’amélioration continue. »

Extrait du reportage « Le trésor de Kora », diffusé dans « 13h15 le samedi ».

> Les replays des magazines d’info de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo, rubrique « Les émissions ».


Source:

www.franceinfo.fr

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