L’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris est pour l’heure le seul en France à disposer « d’une machine capable d’appliquer des ultrasons qui se focalisent en un point très précis du cerveau », souligne la neurochirurgienne Carine Karachi. Cette technique permet de ne pas « ouvrir la boîte crânienne. »
Publié le 12/04/2026 16:00
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En France, plus de 272 000 personnes souffrent de la maladie de Parkinson et 25 000 nouveaux cas se déclarent chaque année, selon les chiffres du ministère de la Santé. Alors que la journée mondiale dédiée à cette pathologie se déroulait samedi 9 avril, un traitement par ultrasons ciblés permet de détruire avec précision de minuscules zones du cerveau responsables des tremblements, et ce sans ouvrir la boîte crânienne. Un traitement nouveau qui n’est pour l’instant proposé en France qu’au sein de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. « On réalise des lésions de quelques millimètres, ciblées », explique la neurochirurgienne Carine Karachi, qui officie dans cet hôpital parisien. Cette avancée prometteuse reste réservée à des cas sévères après échec des traitements médicamenteux.
franceinfo : ce nouveau traitement des tremblements par ultrasons peut-il servir à d’autres pathologies que la maladie de Parkinson ?
Carine Karachi : Oui, tout à fait. Nous disposons d’une machine capable d’appliquer des ultrasons qui viennent se focaliser en un point très précis du cerveau. Cela permet de détruire une petite zone sans ouvrir la boîte crânienne. On réalise des lésions de quelques millimètres, ciblées sur des zones impliquées dans les réseaux qui dysfonctionnent lorsqu’on présente des tremblements, notamment dans le tremblement essentiel, qui est une maladie différente mais très fréquente. C’est une technique assez révolutionnaire, car elle permet de traiter les patients sans les opérer.
L’avantage, c’est que vous n’êtes pas obligé d’ouvrir la boîte crânienne. La récupération est-elle plus rapide ?
Oui, c’est un avantage important. L’absence d’anesthésie générale en est un autre. Mais il faut bien comprendre que, même si ce n’est pas invasif, on modifie le cerveau de façon définitive. Si la lésion n’est pas parfaitement placée, cela peut entraîner des effets secondaires, parfois définitifs, même si cela reste rare.
« Ce traitement s’adresse à des patients très gênés dans leur quotidien pour manger, écrire ou se laver et qui ont déjà échoué avec les traitements médicamenteux. »
Carine Karachi, neurochirurgienne à la Pitié-Salpêtrière à Parisà franceinfo
La décision se prend en concertation avec le patient, le neurologue et les radiologues.
Les tremblements du patient pendant l’intervention ne rendent-ils pas la procédure risquée ?
En réalité, la tête du patient est immobilisée grâce à un cadre fixé sous anesthésie locale, ce qui permet une stabilité totale dans l’IRM. S’il y a un mouvement, la machine s’arrête automatiquement. Cependant, la précision recherchée en neurochirurgie est inférieure au millimètre, ce qui reste difficile à atteindre. Il peut donc exister une légère variabilité.
La maladie étant évolutive, est-ce que ce traitement est définitif ou faut-il envisager d’autres interventions ?
Ce n’est pas une guérison. Pour le tremblement essentiel, la maladie évolue lentement, et on espère que l’effet dure dans le temps. Nous avons encore peu de recul, puisque la technique est utilisée en routine clinique depuis septembre 2023. Mais lorsque le résultat est bon après un an, il semble se maintenir.
Source:
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