Un troisième foyer de fourmis électriques a été détecté en mars dans le Var, le seul département français où cette espèce exotique envahissante particulièrement dangereuse pour la biodiversité est présente, a annoncé le préfet du Var, Simon Babre, lors d’une conférence de presse, jeudi 9 avril. Ce troisième foyer a été détecté dans la commune de Cavalaire-sur-Mer, a-t-il précisé.
La fourmi électrique, microscopique, est une espèce exotique très dangereuse pour l’homme, sa piqûre pouvant provoquer une forte douleur et une réaction allergique, mais surtout pour la biodiversité. Elle s’attaque aux autres insectes, mais aussi aux oiseaux et aux mammifères. Elle élève des pucerons, des cochenilles, et a donc aussi des effets dévastateurs sur l’agriculture.
Le préfet a annoncé qu’à la suite d’alertes de ses services notamment, un traitement par saupoudrage de produit insecticide sur les deux premiers foyers détectés va être autorisé dans le Var contre cette fourmi, pour la première fois en France. La préfecture a obtenu le financement nécessaire pour traiter environ deux hectares à Toulon et deux hectares à la Croix-Valmer, avec une autorisation ministérielle pour cent quatre-vingts jours de traitement.
Des quantités de produits « infinitésimales »
Jusqu’à présent, seuls des distributeurs de produit insecticide se présentant sous la forme de boîtiers remplis de granulés étaient autorisés, « mais la probabilité que les fourmis les rencontrent était faible », selon Olivier Blight, chercheur de l’université d’Avignon spécialiste de cette fourmi, très méfiante.
Début 2026, Fredon Paca, un opérateur public de traitement des espèces invasives, et le groupe de travail dédié des universités de Montpellier et d’Avignon, ont finalisé la cartographie des zones affectées.
Des réunions publiques seront organisées pour commencer ce traitement en mai et informer les habitants des précautions à prendre. Des zones inaccessibles à l’homme car trop escarpées seront traitées par drone. Olivier Blight et l’opérateur Fredon se sont montrés confiants sur l’éradication de l’espèce et ont tenu à rassurer : « Les quantités de produit dispersées sont infinitésimales, on parle de quelques grammes par mètre carré. »
L’Australie a dépensé 30 millions d’euros depuis 2006 pour lutter contre cette fourmi ravageuse, faute d’avoir pris le problème à temps.
Source:
www.lemonde.fr




