Le groupe de presse Centre France, qui compte quelque 1 600 salariés employés dans huit quotidiens répartis sur 14 départements, a annoncé son sixième plan social en douze ans, prévoyant la suppression de 152 postes. Dans un communiqué, le groupe précise : « ce projet, soumis à consultation des instances représentatives du personnel, vise 13 millions d’euros d’économies annuelles et un chiffre d’affaires stabilisé à 156 millions d’euros en 2028. » Pour le groupe, « le résultat 2025 est sans appel : un excédent brut d’exploitation à -4,3 millions d’euros, en dégradation de 6 millions par rapport à 2024. Sans mesures fortes, la trajectoire 2026-2028 compromettrait la continuité
d’exploitation », ajoute-t-il. Le chiffre d’affaires du groupe a atteint 156 millions d’euros en 2025. Le plan prévoit de « dégager 13 millions d’euros d’économies annuelles » et « prépare une nouvelle étape de développement avec +15 millions d’euros de revenus numériques et diversifiés d’ici 2028″, assure le groupe. La direction envisage un plan d’action en trois temps. 2026, l’année de stabilisation financière et sécurisation de la trésorerie ; 2027 un retour à un EBE positif ; 2028 et au-delà une accélération de la croissance numérique et de la diversification.
Laurence Coupérier, élue du syndicat SNJ au Comité social et économique (CSE) du quotidien La Montagne, journal phare du groupe Centre France a indiqué vendredi à l’AFP : « 152 suppressions d’emplois ont été annoncées, dont 30 emplois déjà vacants qui ne seront pas remplacés et 122 départs nouveaux ». « Cela représente environ 10% des effectifs sur un total de 1 600 salariés », a-t-elle précisé tandis que les réunions de CSE annonçant le plan se poursuivaient, vendredi, dans les différents journaux du groupe. « Il s’agit du sixième plan social du groupe depuis 12 ans. Depuis 12 ans, les plans sociaux s’enchaînent. On n’a pas encore fini à La Montagne un plan de départs volontaires qui doit s’achever fin juin et un plan social à Centre France Hebdos, qui regroupe huit hebdos », ajoute la syndicaliste.
Retard numérique
Arrivé en novembre dernier en tant que directeur général, Francis Gaunand a annoncé un plan visant à développer le numérique. Dans le communiqué, il souligne : « ce projet n’est en aucun cas un renoncement à notre identité. C’est au contraire le moyen de la préserver dans un secteur profondément transformé. L’inaction serait le plus grand risque pour nos titres et notre mission de service aux territoires. » Actuellement, le groupe réalise encore 80% de son activité sur la presse écrite, et seulement 10% sur le numérique et autant sur la diversification, en retard sur les autres quotidiens de presse, selon le directeur.
M. Gaunand a dit vouloir atteindre une répartition de 60-20-20, selon l’élue SNJ, qui est également la représentante de l’intersyndicale SNJ-CGT-FO. La direction a assuré vouloir lancer un nouveau plan de départs volontaires. « Mais l’absence de départs contraints paraît totalement invraisemblable », a estimé Mme Coupérier, arguant qu’un plan similaire déjà en cours à La Montagne n’avait toujours « pas fait le plein ». Les suppressions de postes doivent être effectives « au premier trimestre » de l’an prochain, selon l’élue, qui précise que les syndicats sont en train d’établir leurs actions à venir.
Source:
www.cbnews.fr




