Le document du Ramcharitmanas est attribué à la tradition nagari (écriture alphasyllabaire comme le sanskrit, le hindi ou le népalais – et Ayodhya est situé à une centaine de kilomètres de la frontière népalais) et celui-ci est daté d’environ deux siècles. C’est un habitant de la ville l’a proposé après l’appel lancé par le musée Antarrashtriya Ram Katha Sangrahalaya pour rassembler des témoins anciens du Ramayan. Il ne s’agit donc pas d’une fouille, mais d’un versement patrimonial.
Et le document rejoindra donc prochainement l’établissement, rapporte le Times of India, dont le directeur, Sanjib Kumar Singh, se réjouit. Il conforte d’ailleurs l’expertise d’après la forme des lettres, car à ce stade, l’âge relève d’une expertise visuelle et non d’une datation scientifique publiée : « Le passage de la nagari à la devanagari se lit dans la formation des lettres… C’est sur cette base que je peux dire que ce manuscrit aurait près de 200 ans. »
Le Ramcharitmanas constitue l’une des grandes œuvres de la littérature religieuse de l’Inde du Nord. Composé au XVIe siècle par le poète Tulsidas en langue avadhi, il propose une version dévotionnelle de l’épopée du Ramayana, centrée sur la figure divine de Rama. Ce prince prince d’Ayodhya (tiens donc !), incarne la vertu et l’ordre moral, mais contraint à l’exil durant quatorze ans, il partit avec son épouse Sita et son frère Lakshmana.
Au fil de leur périple roi démon Ravana enlèva sa compagne, déclenchant le cœur dramatique du récit : Rama s’allia ainsi au dieu-singe Hanuman et à une armée de primates pour combattre le kidnappeur. Une fois le monstre défait, Rama revint à Ayodhya et accéda définitivement au trône.
Un fonds en voie d’élargissement
Le mouvement remonte d’ailleurs à quelque temps. Le musée d’Ayodhya a déjà reçu en janvier un Valmiki Ramayana sanskrit daté de 1792, soit 233 ans, accompagné d’un commentaire attribué à Maheshvara Tirtha. La nouvelle pièce en nagari complète donc une politique documentaire déjà engagée.
Le périmètre s’élargit aussi sur le plan linguistique. ThePrint rapporte que la Rampur Raza Library doit fournir plusieurs versions persanes du Ramayan, dont une traduction de 1627 et un Kissa-e-Ram Sita daté de 1825. Ayodhya ne cherche donc pas seulement des copies sanskrites ou hindi, mais un ensemble de transmissions et de réécritures.
De l’annonce locale au programme national
Ces épisodes s’inscrivent dans un mouvement à l’échelle du territoire tout entier : le ministère de la Culture a lancé le 16 mars 2026 le Gyan Bharatam National Manuscript Survey pour repérer, documenter et cartographier les corpus conservés dans les bibliothèques, temples, monastères, institutions et collections privées.
L’outil fonctionne avec une simple application, pour photographier les documents et les authentifier avant de conduire à une vérification physique, à un catalogage détaillé puis à la numérisation.
New Delhi indiquait le 19 mars que plus de 8 lakh manuscrits numérisés existaient déjà (800 km…), dont 1,29 lakh consultables par le public via le National Digital Repository. Le site de la National Mission for Manuscripts rappelle pour sa part que l’Inde en abriterait près de dix millions.
Crédits photo : Gyan Bharatam National Manuscript Survey
Par Clément SolymContact : cs@actualitte.com
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