Irrévérencieuse, gore, drôle, totalement déjantée, la série « The Boys » revient dans un combat ultime sur fond de tensions politiques. La démocratie est en danger.
Publié le 19/04/2026 14:03
Temps de lecture : 4min
De l’hémoglobine comme s’il en pleuvait, de l’outrance à l’excès, du gore et du trash, des cadavres dans tous les sens, du politiquement incorrect, la saison 5, disponible sur Prime Video, ne diffère pas des précédentes sur ce plan.
« LA » question : quel est le montant du budget ketchup et/ou autres matières sanguinolentes ? A chaque épisode, des personnages explosent, sont coupés (au minimum) en deux ou tout simplement déchiquetés au laser.
L’ultime saison d’une série pas comme les autres commence sur les chapeaux de roue avec une scène aussi obscène que sidérante d’un étranglement jamais vu au cinéma. Et sûrement pas près d’être reproduit.
Bienvenue à The Boys, la série qui « apporte une approche rafraîchissante à un genre déjà bien usé ». Ainsi en parlait franceinfo Culture, il y a plus de cinq ans : « Exit Iron Man, Spiderman, Wonder Woman et Superman. Les super-héros Marvel et DC font pâle figure à côté de ceux de The Boys ».
Un peu d’histoire pour ceux qui n’ont pas eu le bonheur ou le malheur de croiser Le Protecteur (Homelander) et ses obligés ou Billy Butcher et ses amis d’infortune. Il était une fois dans un monde imaginaire, qui ressemble furieusement aux États-Unis d’Amérique, des super-héros, appelés les Sept, corrompus jusqu’à la cape et qui, au lieu de faire le bien comme ils sont censés le faire, ne pensent qu’au pouvoir, à la célébrité et à la gloire. TikTok est passé par là. Ils travaillent tous pour la puissante multinationale Vought. A leur tête, un mégalomane psychopathe, interprété admirablement par Anthony Starr.
Face à eux, les Boys, des justiciers cabossés emmenés par Billy Butcher, au passé trouble, dont l’unique objectif est de zigouiller tous les super-héros, à commencer par le premier d’entre eux.
Mais que fait Hughie Campbell, vendeur de matériel informatique, dans l’équipe ? Sa rencontre ou plutôt son télescopage percutant avec A-Train, moment hilarant, va transformer sa vie.
La saison 5 est donc le combat ultime entre les Boys et les Sept. Que dire de cette dernière saison (dont seuls trois épisodes sont en ligne à la date du 18 avril) sans rien divulgâcher et comment expliquer le succès de cette série totalement déjantée ?
La saison 5 reprend les mêmes ingrédients que les précédentes en accentuant l’effet dramatique et offre plusieurs niveaux de lecture. Au-delà de la baston et de l’intrigue, The Boys emprunte beaucoup au pop art, multiplie les références et assume son irrévérence.

On peut y voir une critique à peine déguisée du capitalisme décomplexé mais aussi un brûlot contre l’autoritarisme. Et l’allusion à Trump, l’actuel locataire de la Maison Blanche, est plus qu’évidente. Après avoir instauré un climat de peur dans le pays, Homelander promet plus de sécurité : Make American Safe Again. Ou encore ce message très clair tenu par l’un des Sept : « La Russie n’est pas notre ennemi. C’est une grande nation, sans toilettes pour les trans ».
Dans cette saison, le politique est ridiculisé, réduit à servir les intérêts de ceux qui l’ont élu : une oligarchie aux mains du Protecteur, qui s’enfonce de plus en plus dans un exercice solitaire du pouvoir et qui ne s’embarrasse plus des illusions démocratiques. Plus sombre et plus introspective, cette saison s’attaque aussi à l’aliénation que représenteraient les réseaux sociaux. Qui sortira vainqueur de ce combat final ? Réponse dans quelques semaines, ou plus précisément dans plusieurs hectolitres d’hémoglobine.

Source:
www.franceinfo.fr





