Publié le 06/04/2026 07:19
Temps de lecture : 4min
Si le nombre de baptêmes continue sa progression, de nombreuses personnes tout juste baptisées ne sont pas très assidues, voire arrêtent de pratiquer, au grand dam des représentants religieux.
Le revers de la médaille. Lundi 6 avril, jour de Pâques, plus de 13 000 personnes de plus de 18 ans se font baptiser en France, soit une hausse de 28% par rapport à l’année précédente, selon l’Église catholique. Mais ces chiffres sont à prendre avec des pincettes, car certains de ces néophytes arrêtent de pratiquer la religion catholique, même quelques mois, juste après leur baptême. Face à ce constat, les huit diocèses d’Île-de-France à lancer, en 2025, un concile pour essayer de trouver des solutions à ce problème qui prend de l’ampleur et commence à inquiéter l’église.
Il y a un an, juste après son baptême, Baptiste a décidé de faire une pause : « Je suis baptisé, l’effort, l’émotion est passée. Et à ce moment-là, je pense que je n’avais pas compris vraiment ce qui venait de m’arriver. Je n’ai quand même pas perdu la foi, mais j’ai perdu l’habitude d’y aller », retrace-t-il.
Pendant plus de six mois, il n’a plus assisté à une messe ni participé à la vie de sa paroisse du Val-d’Oise et s’est contenté de lectures religieuses. « J’avais moins la foi que certaines personnes à qui je parlais, avance-t-il encore pour expliquer sa mise en retrait. Dans le groupe, il y a toujours des personnes qui ont beaucoup la foi et que je comprends maintenant. Mais à l’instant T, je n’étais pas encore assez ouvert d’esprit à ce sujet-là pour les comprendre. Et maintenant, ça a du sens. »
Il avait besoin de cette respiration avant de pousser à nouveau les portes de son église. « Quand on n’y réfléchit pas forcément avec le travail, tout ce qu’on a à faire, on ne prend pas forcément le temps de réfléchir. Et quand on se pose avec l’été, avec les vacances, etc. Ça m’a permis de réfléchir un petit peu, de faire un pas en arrière et de me dire que c’était génial et que j’ai hâte d’y retourner », assure Baptiste.
Comme lui, d’autres jeunes baptisés de plus de 18 ans ont fait ce pas en arrière. Pour Marc Doussinault, diacre dans la paroisse de Mormant, en Seine-et-Marne, cette déperdition atteint un chiffre inquiétant : « À peu près 50%, entre ceux qu’on voit de temps en temps à la messe, puis d’autres qui disparaissent un petit peu. »
Cela s’explique, selon lui, par le manque d’aide après le baptême. « On ne leur propose pas de réunions régulières, pendant l’année qui suit par exemple, donc peut-être qu’ils se sentent un peu délaissés. Et c’est quelque chose qu’il faut améliorer du côté de l’Église », reconnaît-il.
« On doit mieux accueillir et ne pas se dire ‘bah oui, il y a des demandes c’est bien !’, surtout pas !, s’écrie Pierre Machenaud, prêtre à Eaubonne dans le Val-d’Oise. Il ne faut pas remplir des cases, il faut cheminer avec eux. Il ne faut pas être des enfants gâtés en disant ‘Ah on a les cadeaux, on fera ce qu’on veut’, Non. » Il participe à des discussions entre tous les diocèses d’Île-de-France pour trouver des solutions à ce problème. D’ailleurs, il en a une en tête : faire appel à des influenceurs catholiques sur les réseaux sociaux « qui permettent de mieux comprendre ce qu’est la tradition, mieux comprendre ce qu’est la Bible, et, cette génération-là, ça les aide », estime-t-il. Une idée qui va faire son chemin jusqu’à la fin de leurs travaux, en 2027.
Source:
www.franceinfo.fr




