Que disent les taux de réussite au brevet de l’action éducative d’un collège ? Peu de choses, au regard des disparités colossales des profils d’élèves qu’accueille chaque établissement. C’est pour tenter de compléter et de dépasser cet indicateur trop schématique que la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l’éducation nationale publie, vendredi 3 avril, les indicateurs de valeur ajoutée des collèges, les IVAC.
Car, plus encore qu’au lycée, les caractéristiques sociales et scolaires des élèves diffèrent considérablement entre les collèges, selon qu’ils sont privés, publics, ou classés en éducation prioritaire. La part des jeunes défavorisés est, par exemple, deux fois et demi supérieure dans les collèges publics que dans ceux du privé sous contrat. Dans les réseaux d’éducation prioritaire renforcée (REP +), elle atteint même 70 %, contre seulement 16,5 % dans le privé. La part des d’élèves en difficulté scolaire est, elle, trois fois supérieure en éducation prioritaire que dans le privé.
Or, ces facteurs sont prépondérants dans les résultats obtenus au brevet. La note moyenne aux épreuves écrites de l’examen des élèves socialement défavorisés est par exemple inférieure à 9 sur 20, tandis qu’elle dépasse 13 pour les élèves favorisés. Et selon le niveau des enfants aux évaluations d’entrée en 6e, les notes en fin de 3e varient du simple au double. « En ne tenant pas compte du profil des élèves accueillis, on peut sous-estimer ou surestimer ce que l’établissement a réellement fait pour accompagner ses élèves jusqu’au brevet », résume la DEPP.
La capacité à accompagner
Les services statistiques du ministère établissent ainsi une valeur ajoutée du taux de réussite et de la note à l’écrit du brevet en calculant la différence entre les résultats constatés et ce qu’ils définissent comme les résultats « attendus » au regard du profil des élèves scolarisés dans chaque collège. Avec ce prisme, alors que la quasi-totalité des REP + se situent dans le quart des établissements ayant les plus faibles notes au brevet, près de 60 % d’entre eux sont aussi dans le quart des établissements ayant la plus forte valeur ajoutée.
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Source:
www.lemonde.fr




