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Répression en Iran: «Les Iraniens ont besoin de soutiens en cybersécurité»

La répression du régime iranien sur ces citoyens se fait également en ligne. Au-delà de la coupure quasi totale des réseaux internet, l’ONG iranienne Miaan, basée aux États-Unis, rapporte une augmentation de 500 % des demandes d’assistance en cybersécurité. Éclairage d’Amir Rashidi, directeur de la cybersécurité et des droits numériques pour l’ONG Miaan.

Publié le : 03/04/2026 – 17:56


4 min Temps de lecture

RFI : Quelles formes prennent ces menaces ?

Amir Rashidi : Nous gérons un service d’assistance en sécurité numérique, où les personnes à l’intérieur et à l’extérieur du pays peuvent demander toute forme d’aide et de soutien concernant la cybersécurité. Nous publions un rapport tous les six mois. Et à cause de la manifestation de janvier puis après cette guerre, le nombre de demandes d’assistance a augmenté de 500 %, ce qui montre que les gens cherchent désespérément des soutiens à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

La plupart des demandes à l’intérieur du pays concernent des personnes qui ont été arrêtées ou dont les appareils ont été confisqués à cause de la manifestation de janvier. Il y a également beaucoup de demandes concernant des journalistes ciblés par différentes tactiques ou des ONG visées par des attaques par déni de service ou du doxing sur les réseaux sociaux. Le doxing consiste à publier des informations privées, en essayant de vous pousser à arrêter ce que vous faites. Cette méthode est d’ailleurs également utilisée par des membres de l’opposition contre d’autres personnes de l’opposition.

Nous avons par exemple assisté une organisation de défense des droits humains basée en France. Leur site web a été ciblé par une attaque de déni de service. L’objectif était essentiellement de supprimer le site pour que cette organisation ne puisse pas publier ses rapports. Nous ne pouvons pas l’affirmer à 100 %, mais les résultats de notre enquête nous poussent à croire qu’un acteur étatique a été impliqué. Ils ciblent également des journalistes au Royaume-Uni, à New York, en leur envoyant des liens suspects de phishing afin de compromettre leurs comptes en ligne. Il existe énormément de tactiques et de méthodes différentes.

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Ces pressions exercées en ligne sont-elles propres au régime iranien ?

Je ne suis pas expert sur les autres pays, mais je crois qu’on trouve la même situation dans d’autres pays. Toutes ces méthodes sont très connues. Ce qui est particulier et nouveau sur cette période, c’est le nombre de personnes ciblées. Nous n’avons jamais eu une augmentation de 500 % des demandes de soutien.

Concrètement, comment répondez-vous à ces demandes ?

Nous, si vous consultez notre site web, miaan.org, il y a une section qui parle du service d’assistance en sécurité numérique. Les gens peuvent nous contacter par e-mail, WhatsApp, Signal, Telegram. Ensuite tout dépend de la demande. Si par exemple vous m’envoyez un message à notre signal en disant : « Hé, je vois cette activité suspecte et j’ai besoin d’aide. » Nous collectons des preuves puis les examinons en laboratoire. Nous pouvons également communiquer ces problèmes aux grandes entreprises technologiques, imaginez que vous veniez dire : « mon Gmail a été piraté », alors nous pourrions communiquer ce problème avec Gmail et essayer de vous soutenir. Mais nous ne pouvons pas donner plus de détails sur nos méthodes.

Avez-vous les moyens de faire face à ces attaques ?

Il est très difficile aujourd’hui pour nous d’obtenir des informations à cause de tous les obstacles que le régime a mis en place. Nous savons comment faire, mais nous parlons du pays de 90 millions d’habitants. Nous avons besoin de plus de ressources pour démocratiser les équipements satellitaires Starlink qui nous permettent de contourner les coupures internet, par exemple. Nous avons besoin de plus de ressources. Il faut installer ou tirer parti des infrastructures locales.

Aujourd’hui nos ressources viennent de gouvernements européens, d’ONG, de dons, mais elles sont très limitées. L’Union européenne, le gouvernement français, le gouvernement allemand doivent comprendre quels sont les besoins et comment ils peuvent les soutenir. C’est ainsi qu’ils peuvent aider les gens. Et cette solution ne concerne pas que les Iraniens. Si vous avez une solution pour les coupures d’internet par exemple, elle pourrait être utilisée en Ukraine ou dans n’importe quel autre pays qui vit la même situation. Ils doivent donc voir cela comme un projet plus large plutôt que de simplement faire quelque chose pour un pays spécifique

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Source:

www.rfi.fr

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