Une loi examinée lundi au Sénat doit permettre de diminuer la dépendance aux énergies fossiles en relançant des investissements dans l’hydroélectricité. EDF attend l’adoption du texte pour débuter ces travaux dès cet été. Ils doivent durer sept ans et coûter près de 500 millions d’euros.
Publié le 13/04/2026 07:46
Mis à jour le 13/04/2026 07:55
Temps de lecture : 3min
Face à la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement français répond : électricité. L’exécutif veut que les Français consomment et produisent plus d’électricité pour diminuer notre dépendance aux énergies fossiles. C’est tout l’objet d’une loi examinée lundi 13 avril au Sénat (et déjà adoptée à l’Assemblée), qui vise à relancer les investissements dans l’hydroélectricité. Le développement de nos barrages est bloqué depuis une vingtaine d’années en raison d’un différend avec la Commission européenne. Dès l’adoption du texte, de grands travaux pourront commencer, comme à la centrale de Montézic (Aveyron). EDF s’y tient prêt.
Des camions de chantier s’activent déjà aux abords de cette centrale nichée au cœur de l’Aubrac. Elle se compose d’un lac, en haut sur le plateau, d’un autre bassin, en contrebas, et au milieu, de quatre turbines-pompes.
Elles fonctionnent « comme une batterie géante », explique Jean-Hubert Beau d’Arboussier, le responsable du site. « On peut l’utiliser à la demande en faisant fonctionner les turbines dans les deux sens, donc elles peuvent produire de l’électricité quand il y en a besoin, précise-t-il. Et quand on a trop d’électricité sur le réseau, on va repomper l’eau du bassin inférieur vers le bassin supérieur pour reconstituer un stock d’énergie. » Les quatre turbines-pompes actuelles peuvent fournir ou consommer, en deux minutes, l’équivalent de la puissance d’un réacteur nucléaire de première génération.
« On va rajouter deux turbines-pompes supplémentaires, donc on va augmenter de 50% la capacité. C’est le plus gros projet de développement hydraulique en France depuis de nombreuses années. »
Jean-Hubert Beau d’Arboussier, responsable du groupement d’usines de Montézicà franceinfo
Pour voir où sera la nouvelle centrale, suivons le responsable dans les entrailles de la montagne, dans cette immense caverne qui abrite les premières turbines. « On est 400 mètres sous terre, sous la retenue supérieure, décrit le responsable du site. Là, l’usine est à pleine puissance, les quatre pompes sont à fond. Dans la même journée, on est capables trois à cinq fois de turbiner et de recharger la retenue. L’usine de Montézic 2, il faut l’imaginer derrière ce mur, derrière il y a le caillou. Et cette roche, on va venir la creuser pour pouvoir construire la future usine. »
Et pourquoi faut-il augmenter la capacité ? « Le mix énergétique est en train d’évoluer, avec des énergies renouvelables intermittentes, répond Jean-Hubert Beau d’Arboussier. L’éolienne va tourner quand il y a du vent, le panneau solaire va produire de l’électricité quand il y a du soleil. Donc il faut pouvoir, pour équilibrer le réseau électrique, développer de nouvelles capacités de stockage. »

Les travaux vont durer sept ans et coûter près de 500 millions d’euros. Avant de lancer un tel chantier cet été, EDF attend l’adoption de la loi débattue lundi au Sénat. « On a besoin, comme tout industriel, de visibilité sur les années à venir pour pouvoir investir dans des projets de développement, explique Jean-Hubert Beau d’Arboussier. On était jusqu’à présent dans un cadre juridique de concessions. Une bonne partie des concessions, comme celle de Montézic, sont arrivées à terme, donc il fallait un nouveau cadre juridique, et cette nouvelle loi, quand elle sera votée, nous apportera cette visibilité qui est nécessaire. »
Les nouvelles turbines-pompes puiseront leur eau dans les deux bassins existants, en haut et en bas, ce qui limitera l’impact du projet sur l’environnement.
Source:
www.franceinfo.fr




