Élèves de terminale et étudiants ont jusqu’à mercredi soir pour boucler leurs dossiers sur Parcoursup, la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur. Un moment source d’anxiété chez certains, comme en témoignent ces adolescentes suivies en psychiatrie.
Publié le 01/04/2026 16:15
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Les lycéens de terminale et les étudiants en réorientation ont jusqu’à mercredi 1er avril minuit pour compléter leur candidature sur Parcoursup. Ils devront ainsi confirmer sur le site internet leurs vœux de formation dans l’enseignement supérieur. Or cette période s’avère souvent stressante pour les familles et les jeunes concernés, à tel point que certains adolescents développent des troubles anxieux.
La procédure relative à Parcoursup ne déclenche pas à elle seule des troubles psychiques, mais elle peut y contribuer. C’est notamment ce que font remarquer des jeunes suivis en psychiatrie au sein du groupe hospitalo-universitaire (GHU), dans le 14e arrondissement de Paris.
À 19 ans, Camille vient de confirmer ses candidatures sur Parcoursup, non sans mal. « Ce qui est stressant, c’est le fait de décevoir les autres, de se décevoir soi-même. Ça fait surtout douter de soi. Je me vois mal ne pas réussir à me faire accepter dans une école », explique-t-elle.
« Quelque part, on a tous envie de prouver aux autres qu’on est capables de faire ce qu’on veut faire. »
Camille, 19 ansà franceinfo
La jeune femme est suivie en psychiatrie depuis plusieurs années au GHU. Elle dénonce la pression scolaire, qu’elle considère trop forte pour les jeunes de son âge. Parcoursup n’est pas le plus gros de ses problèmes, mais le sujet revient souvent lors de ses consultations.
Camille est loin d’être la seule préoccupée par Parcoursup. La période des vœux sur la plateforme provoque un pic de visites dans le service du docteur Mathias Gorog. « Elle suscite un regain des troubles anxieux assez saillant, détaille-t-il. Ça va aggraver en général leurs symptômes, c’est-à-dire des éléments dépressifs, d’anxiété face à l’école, face aux autres, face à l’extérieur en général. Ou simplement d’une angoisse propre. On le voit très souvent. »
C’est une période où les projets d’avenir se heurtent parfois à la réalité. Alex candidate sur la plateforme pour la deuxième fois, après avoir été refusé des formations souhaitées l’an dernier : « Je m’en souviens très bien. Aux résultats de Parcoursup de l’année dernière, j’étais en pleurs. Je ne savais pas quoi faire, je me disais que mon avenir était foutu ».
« On est vraiment perdu à la sortie de tout ça et c’est très compliqué. J’en ai beaucoup parlé aux docteurs. C’est vraiment une grosse pression. »
Alex, candidat sur Parcoursupà franceinfo
Les jeunes doivent aussi composer avec la pression des professeurs et des familles, parfois très forte. Le docteur Mathias Gorog conseille aux parents concernés de laisser un peu le champ libre à leur enfant. « Il faut tenter de ne pas trop comprendre », indique-t-il. Selon lui, il faut les « laisser tranquilles », tout en étant « complètement à disponibilité ».
De manière plus générale, le médecin explique qu' »à ce moment-là de l’adolescence, on ne veut pas être compris, mais on a besoin d’avoir nos parents absolument disponibles, dès qu’on en a besoin. Ce qui n’est évidemment pas très facile comme position pour un parent, mais c’est la meilleure possible à ce moment-là ». Et si l’anxiété devient trop intense, il ne faut pas non plus hésiter à consulter un professionnel.
Quand Parcoursup participe à la détresse psychologique des jeunes. Reportage de Noémie Bonnin
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Source:
www.franceinfo.fr




