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REPORTAGE. "En avril, c'est production maximum de diesel" : comment la raffinerie TotalEnergies de Gonfreville s'adapte pour faire face à la crise énergétique


Publié le 01/04/2026 07:49



Mis à jour le 01/04/2026 08:55

Temps de lecture : 3min

Sur le site de raffinage de Gonfreville, « l’hydrocraqueur » permet de « casser » les molécules d’hydrocarbures et ainsi de produire plus de diesel et kérosène. (LAURIANE DELANOE / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Pour tenter de réduire les prix à la pompe, en augmentant la quantité de carburant en circulation, le gouvernement a demandé six raffineries françaises d’augmenter leur production de diesel. Et cela vaut aussi pour le kérosène des avions. Reportage en Normandie.

Le gazole n’a jamais été aussi cher dans nos stations-service. Il s’affiche à près de 2,20 euros le litre, en moyenne, en raison de la guerre au Proche-Orient et du blocage des hydrocarbures du Golfe Persique et du détroit d’Ormuz, depuis plus d’un mois. franceinfo a pu visiter la plus grande raffinerie de France : celle de TotalEnergies située à Gonfreville-l’Orcher, près du Havre, en Seine-Maritime. Le site s’adapte pour répondre à la demande et s’approvisionner.

Le lieu est si grand qu’on le parcourt dans une petite navette, naturellement alimentée… au diesel. A bord, son directeur, David Marion nous guide. Le diesel est justement la priorité du moment : habituellement, la France importe la moitié de sa consommation. Or, situation géopolitique oblige, la raffinerie commence à en produire plus. « En avril, c’est maximum de diesel, maximum de kérosène. On est donc en train de préparer tous ces réglages », explique David Marion.

Nous arrivons au pied d’un assemblage de colonnes grises, de longues cheminées et de tuyaux, certains crachent de la vapeur. « Vous avez ici l’hydrocraqueur qui permet de fabriquer beaucoup de diesel », indique le directeur. Cet hydrocraqueur fonctionne un peu comme une cocotte géante pour traiter le pétrole explique Elise Thomazo, la responsable de la division technique : « Le pétrole brut est finalement une sorte de soupe d’hydrocarbures de différentes longueurs de chaîne. Notre rôle, c’est de les séparer. On ne peut pas changer nos installations, par contre, on essaye d’optimiser pour aller chercher un peu plus de ceci ou un peu moins de cela, en fonction des besoins. »

David Marion est le directeur général de la plateforme Normandie de TotalEnergies. (LAURIANE DELANOE / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

David Marion est le directeur général de la plateforme Normandie de TotalEnergies. (LAURIANE DELANOE / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Cela passe par un arbitrage avec les autres produits issus du même pétrole, souligne le directeur, David Marion. « Là, on sort donc un peu moins d’essence puisque l’on sait que le marché du diesel est tendu, précise-t-il. Il faut approvisionner de manière impérative le marché du kérosène. Ces réglages permettent une fluctuation de 4 à 5% de fabrication supplémentaire pour assurer un approvisionnement stratégique de nos produits. »

La plateforme TotalEnergies doit elle aussi s’approvisionner en pétrole brut et remplir les réservoirs le long de ses routes. Elle traite habituellement un million de tonnes par mois, mais avec la guerre au Moyen-Orient, les choses sont plus complexes. « Tous les approvisionnements ont déjà été calés pour tout le mois d’avril, puisqu’en général on commande deux mois avant. On s’intéresse aujourd’hui aux approvisionnements des mois de mai et juin », explique David Marion. Avant de glisser : « Évidemment, le marché du pétrole brut se tend aussi puisque le détroit d’Ormuz n’est pas disponible pour faire transiter. »

« On a plusieurs sources d’approvisionnement : le Moyen-Orient, c’est 10, 15, jusqu’à 20%, mais on a aussi le golfe de Guinée, le golfe du Mexique, le Brésil et bien sûr la mer du Nord »

David Marion

à franceinfo

« On va tout faire pour avoir du pétrole brut », résume-t-il, y compris payer le transport maritime plus cher en ce moment. Cette raffinerie a toutefois un avantage à sa sortie : les carburants sont expédiés principalement par des pipelines. Du kérosène y transite directement jusqu’aux aéroports d’Orly et Charles de Gaulle. Cela permet d’éviter le coût du transport par camion, lui aussi en hausse.


Source:

www.franceinfo.fr

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