- Advertisement - spot_imgspot_img
AccueilLivres & LittératureReport en catastrophe du Salon de l’édition indépendante à quatre jours de...

Report en catastrophe du Salon de l’édition indépendante à quatre jours de l’ouverture

Quelques semaines après le Salon du livre africain, déjà relocalisé pour les mêmes raisons, la Halle des Blancs-Manteaux se retrouve une nouvelle fois au cœur des tensions. Mais à la différence du précédent épisode, anticipé près d’un mois à l’avance, la décision est ici intervenue à quelques jours seulement de l’événement, plongeant les organisateurs dans une situation critique.

Un report acté dans l’urgence

« Le conseil d’administration s’est réuni et nous avons retenu parmi les dates proposées par la mairie les dates du 1er au 3 mai », indique Saad Bouri, président de l’association. « Ce seront des dates pour l’instant officieuses, le temps de valider cela avec la mairie. » Trois dates en mai avaient été proposées.

L’objectif est désormais de maintenir autant que possible la programmation initiale. « On espère que la majorité des éditeurs qui devaient être présents ce week-end pourront venir début mai », poursuit-il, précisant que la communication va se poursuivre dans cette perspective.

Jusqu’au 31 mars, la Halle des Blancs-Manteaux était mobilisée pour l’hébergement d’urgence de personnes sans abri. Les organisateurs pensaient pouvoir récupérer les lieux à cette date. Mais la prolongation du dispositif, liée aux conditions météorologiques, a rebattu les cartes au dernier moment.

« Il semblerait que les sans-abri n’aient pas pu être relogés à cette date », expliquait Saad Bouri en amont. Vu les températures prévues, la région impose en effet de continuer à loger les sans-abri. Pour les équipes, la brutalité de l’annonce a rendu toute adaptation extrêmement difficile. « Quand toute la communication repose sur un lieu précis, en changer à quelques jours de l’événement devient extrêmement compliqué. Comment prévenir efficacement le public ? », interrogeait Cathy Decreton, une des deux vice-présidentes de l’association.

Une crise interne révélée au grand jour

Au-delà de l’organisation, les conséquences économiques sont immédiates. Déplacements, hébergements, matériel : « On a des exposants qui viennent de loin. Un éditeur vient de Venise, par exemple. Les billets ne sont pas remboursables », souligne Saad Bouri. « Pour un éditeur indépendant, ce sont des coûts importants. »

Le report ne règle pas tout : certains participants ne pourraient pas se rendre disponibles à de nouvelles dates, tandis que l’association devra absorber une partie des pertes liées à l’annulation du week-end initial.

À cette crise logistique s’ajoute désormais une crise interne. Cathy Decreton a présenté sa démission dans la foulée de la réunion du conseil d’administration, évoquant des tensions installées de longue date. Elle dénonce notamment un manque de transparence dans la gouvernance : « Je suis vice-présidente, je demande les comptes, et on me les refuse. »

Elle critique également des choix de gestion et de communication : « On a fait énormément depuis deux ans, et on a le sentiment que tout ce qu’on a construit a été démoli. »

Selon elle, ces désaccords ont rendu sa position « incompatible » avec la poursuite de ses fonctions. Interrogé sur cette démission, Saad Bouri répond : « C’est une décision interne qui la concerne. Il y a eu des frictions entre elle et d’autres membres du conseil d’administration. C’est la vie normale d’une association. »

Un double défi pour l’association

Dans ce contexte, l’association L’Autre Livre se retrouve confrontée à un double défi : gérer les conséquences d’un report imposé dans l’urgence, tout en maintenant sa cohésion interne.

Si les organisateurs reconnaissent la nécessité de l’hébergement d’urgence — « notre situation est moins grave que celle des sans-abri », rappelle Saad Bouri — ils pointent néanmoins un manque d’anticipation dans la gestion du dispositif. 

Ni la préfecture de région ni la mairie de Paris n’ont répondu à nos sollicitations, notamment sur la prolongation du Plan Grand Froid au-delà du 31 mars, les critères ayant conduit à maintenir la réquisition de la Halle des Blancs-Manteaux, ainsi qu’une éventuelle compensation envisagée pour les organisateurs. La salle a été mise à disposition gracieusement par la Ville de Paris.

À LIRE – Quand l’édition indépendante se fédère : l’essor du salon L’Autre Livre

Chaque année, ce rendez-vous réunit des éditeurs indépendants venus de toute la France, mais aussi de Belgique ou de Suisse, accompagnés de leurs autrices et auteurs. Un salon à taille humaine, mais structurant pour un écosystème fragile, fondé sur une approche artisanale et exigeante du livre.

Crédits photo : l’édition 2025 du salon de l’édition indépendante, L’Autre Livre (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

DOSSIER – Édition indépendante : en avril, l’Autre Livre défend la bibliodiversité à Paris

Par Hocine BouhadjeraContact : hb@actualitte.com


Source:

actualitte.com

Annonce publicitairespot_img

Derniers articles

Annonce publicitairespot_img