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« Refuser de diviser le peuple français entre les racisés et les non-racisés n’est pas nier l’existence du racisme »

La fausse nouvelle concernant Bally Bagayoko, le nouveau maire [« insoumis »], qui aurait dit – en réponse à une question de Darius Rochebin sur LCI – que Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) était « la ville des Noirs », a alimenté une polémique très instructive pour comprendre comment se diffusent aujourd’hui les thèses de l’extrême droite, bien au-delà des petits cercles qui les fabriquent.

La fausse nouvelle a été transformée en une question qui a fait la une des médias pendant plusieurs jours. Certes, les propos qui l’ont présenté implicitement comme le représentant de la « ville des Noirs » ont suscité l’indignation légitime de toutes celles et tous ceux qui combattent le racisme. Néanmoins, il faut s’interroger sur la meilleure manière de répondre à ce genre d’assignation identitaire.

Le 17 mars, lors de la matinale de BFM-TV/RMC, animée par Apolline de Malherbe, Bally Bagayoko a dénoncé ces rumeurs racistes en disant : « Moi je n’aime pas trop le terme “racisé”. » Le 30 mars, sur France Inter, il a ajouté : « Vous allez dans les quartiers populaires, il n’y a aucun habitant de Saint-Denis ou des quartiers populaires qui se qualifierait spontanément de “racisé”. »

Lire aussi la chronique | Article réservé à nos abonnés « A peine élu, Bally Bagayoko personnifie à la fois la réalité crue du racisme et la possibilité d’une riposte digne et déterminée »

Ce constat conforte les témoignages que nous avons recueillis dans nos recherches de terrain sur les milieux populaires issus de l’immigration. Le mot « racisé » est souvent rejeté car, comme le dit Linda R., fille d’ouvrier marocain par son père et petite fille d’immigrés algériens par sa mère, ce terme crée une « catégorie de plus. Ça enferme ! Et cela ne résout en rien les problèmes que peuvent rencontrer les gens issus de l’immigration et des classes populaires ».

Contexte militant de l’après-68

L’adjectif « racisé » – qui désigne, selon le dictionnaire Le Robert, les individus « touchés par le racisme, la discrimination » et par extension celui « qui n’a pas la peau blanche (dans une société majoritairement blanche) » – a pourtant été beaucoup utilisé par ceux qui ont célébré l’élection de Bally Bagayoko. « C’est exceptionnel la population ici ce soir, souligne un habitant de Saint-Denis, sociologue de profession. Beaucoup de jeunes, une population racisée qui vient là, se sentent en confiance de venir. » Dans le prolongement de ces propos, rapportés par Le Parisien du 16 mars 2026, on peut citer aussi le tweet (sur X) d’Edwy Plenel, journaliste cofondateur de Mediapart, qui a commenté la victoire de candidats issus de l’immigration au premier tour des municipales en ces termes : « Le succès électoral des candidats racisés bouscule la gauche. »

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Source:

www.lemonde.fr

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