- Advertisement - spot_imgspot_img
AccueilSociétéÉducationRDC: Kinshasa pourrait-elle accueillir des migrants afghans expulsés par les États-Unis ?

RDC: Kinshasa pourrait-elle accueillir des migrants afghans expulsés par les États-Unis ?

Les États-Unis cherchent à envoyer en Afrique subsaharienne plus d’un millier d’Afghans, aujourd’hui coincés au Qatar et ayant, pour la plupart, travaillé avec l’armée américaine pendant la guerre en Afghanistan. Selon des sources concordantes, des discussions ont été engagées avec plusieurs pays du continent ces derniers mois. Parmi ces pays figure la RDC, affirme le président d’AfghanEvac, une coalition humanitaire de soutien à ces Afghans.

Publié le : 22/04/2026 – 15:06


4 min Temps de lecture

Près de 1 100 Afghans sont concernés. Ils sont d’anciens interprètes pour l’armée américaine, anciens membres des forces spéciales afghanes ou membres de familles de militaires américains. Et parmi eux, 400 enfants…

Tous ont été évacués d’Afghanistan par les Américains après leur défaite face aux talibans en 2021. Leur proximité avec les États-Unis en faisait des cibles du nouveau régime.

Depuis, ils ont été envoyés au Qatar, dans une ancienne base militaire américaine, le camp As-Sayliyah, où ils pensaient seulement transiter avant d’être réinstallés aux États-Unis. C’était la promesse de l’administration d’alors, celle de Joe Biden, qui avait accueilli près de 190 000 Afghans dans le pays au lendemain de la chute de Kaboul.

Mais, depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, ce scénario est compromis. Non seulement le président américain a suspendu l’entrée des ressortissants afghans aux États-Unis, mais, en janvier dernier, il a clairement annoncé son refus d’accueillir ces Afghans évacués. Ainsi que sa décision de fermer le camp qui les accueille, plongeant ces familles et anciens collaborateurs de l’armée américaine dans l’impasse.

Certains pays africains considérés comme pays d’accueil

Plusieurs sources humanitaires et diplomatiques confirment que, depuis, l’administration américaine multiplie les pourparlers pour trouver un ou plusieurs pays sur le continent africain pour les accueillir. Un rapport sénatorial américain de février 2026 évoque environ 300 transferts vers des pays tiers, pour un coût estimé à plus de 40 millions de dollars. Il mentionne des paiements à certains gouvernements africains, notamment au Rwanda, en Guinée équatoriale et en Eswatini.

Citée par le New York Times, l’ONG AfghanEvac, une coalition humanitaire de soutien à ces Afghans, se lève contre un tel scénario, perçu comme une manœuvre pour les pousser à rentrer en Afghanistan, où ils sont en danger. « Ce n’est pas un plan de réinstallation. C’est un plan de refus », dénonce un communiqué de l’association dirigée par un vétéran de l’armée américaine, Shawn VanDiver, qui aurait été mis au courant d’un plan de relocation des anciens collaborateurs afghan vers… la RDC.

Les autorités américaines « offrent à ces familles un transfert dans une zone en guerre en RDC, sachant qu’elles ne pourront pas accepter », ajoute le communiqué. « Pourquoi déménageriez-vous de la première crise des réfugiés au monde à la deuxième crise de réfugiés au monde », a tonné le directeur de l’ONG dans les colonnes du New York Times. Pour l’heure, aucune source officielle, ni américaine ni congolaise, n’a confirmé l’information.

Sollicité par l’AFP, le département d’État a indiqué que les États-Unis étudient la possibilité d’une « réinstallation volontaire » depuis le camp d’As-Sayliyah au Qatar. « Le transfert de la population du camp vers un pays tiers constitue une solution positive qui permet aux personnes encore présentes de commencer une nouvelle vie en dehors de l’Afghanistan en toute sécurité, tout en préservant la sûreté et la sécurité du peuple américain », a déclaré un porte-parole du département d’État.

Quinze migrants sud-américains déjà en territoire congolais

Dans l’affaire, l’option congolaise ne serait pas surprenante. Le 16 avril dernier, quinze migrants de nationalité péruvienne, colombienne et équatorienne débarquaient d’un avion en provenance des États-Unis sur le tarmac de l’aéroport de Kinshasa. L’un d’eux, nommé Jorge Cubillos, joint par le quotidien espagnol El Pais, raconte depuis son hôtel kinois avoir « craqué » lorsque les agents de l’ICE lui ont appris la nouvelle.

À lire aussiRDC: un premier groupe de migrants expulsés des États-Unis est arrivé

« Je n’arrivais pas à croire ce qui se passait », relate un autre, Carlos Rodelo, qui avait dû fuir la Colombie, « ils nous traitaient comme des esclaves. » Dans un poste sur le réseau social X, le président colombien, Gustavo Petro, a déclaré qu’il s’agissait de pratiques discriminatoires et a annoncé que « le ministère des Affaires étrangères a reçu l’ordre de rapatrier immédiatement et sans entraves les Colombiens du Congo ».

Ces relocalisations sont le résultat d’un accord migratoire signé entre Kinshasa et Washington. Si aucun chiffre n’a été communiqué, une source congolaise a expliqué à RFI que la présence de ces migrants serait « strictement temporaire », entre « trois et six mois » dans l’attente de leur retour vers leur pays d’origine.

À lire aussiRDC: ce que l’on sait du calendrier sur l’accord migratoire avec les États-Unis


Source:

www.rfi.fr

Annonce publicitairespot_img

Derniers articles

Annonce publicitairespot_img