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Pas perdu de Benoît Coquil : un labyrinthe pour « embrasser l’été »

Élevé par son père, agriculteur céréalier au bord de la faillite, il a comme seule amie « Mémel », fille délurée, provocatrice et lesbienne assumée, dont la mère décèle en lui, un talent d’artiste. Alors si Marlon réussit son bac, il ira faire les Beaux-Arts à Nantes, mais avant, il faut passer le bac et …l’été. Fichue période durant laquelle rien ne se passe dans ce lieu écrasé de chaleur.

Pour surmonter les difficultés financières de son père, Marlon a une idée : transformer une grande parcelle de maïs en labyrinthe géant végétal dont il dessine le plan, et c’est avec Mémel, qu’il tiendra la caisse.

L’écriture de Benoît Coquil explore le labyrinthe de Marlon avec ses méandres des premiers désirs, des fantasmes à l’entrée de l’âge adulte avec ses interrogations, ses impasses, ses indécisions et ses angoisses. Difficile de savoir réellement à cet âge qui on est, et comment vivre ce à quoi on pense être destiné.

Être un jeune gay dans la campagne, loin des facilités qu’offre une ville, comporte toujours une part de secret qu’il faut défendre, car dans le coin, traîne une association masculiniste d’extrême droite qui utilise le mal-être paysan pour grossir ses rangs. Et pas sûr que ces gars-là aiment la différence. 

C’est tout un monde complexe que découvrent Marlon et Mémel, un monde incertain, loin du confort du giron familial, un monde dont ils n’ont pas les codes, souvent violent, qui se heurte au formatage de la pensée des autres jeunes de leur âge. Le monde rural reçoit en pleine figure la technologie et la modernité qui ne sont pas abordées de la même manière suivant ses origines.

Dans le brasier de l’été, s’affrontent proche du labyrinthe, les paysans qui veulent sauver leur outil de travail et les écolos citadins qui défendent la biodiversité et le vivant inaudible.

Le labyrinthe trop tortueux pour le grand public, attire toute sorte d’hurluberlus et c’est Marlon qui se perd dans ce qu’il a lui-même créé, il est Thésée et Minotaure à la fois.

Roman qui allie fantaisie, innocence, révolte, désir, une exploration d’une période charnière, formatrice autant que dévastatrice, Benoît Coquil écrit pour tous les Marlon des campagnes qui ont peur du rejet, qui s’évadent dans des rêves érotiques en attendant rageusement de sortir des labyrinthes dans le lesquels ils s’enferment, priant la providence, ou l’affection d’un beau garçon,  afin d’atteindre la délivrance et « embrasser l’été » (Rimbaud).

Par Christian DorsanContact : contact@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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