Le papillomavirus humain, ou HPV, est l’infection sexuellement transmissible la plus fréquente. Il peut provoquer des verrues, des lésions précancéreuses et certains cancers. La professeure Hélène Péré explique comment il se transmet, comment se protéger grâce au vaccin et quelles populations sont concernées par le dépistage.
Publié le 05/04/2026 10:00
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Comment se transmet le HPV ? Y a-t-il un vaccin ? Jusqu’à quel âge peut-on se faire vacciner ? Ce sont notamment les questions posées à Hélène Péré, professeure au service de microbiologie de l’hôpital Georges Pompidou, à Paris. Un rendez-vous en partenariat avec l’AP-HP (Assistance publique – Hôpitaux de Paris).
franceinfo : Qu’est ce que HPV veut dire ?
Hélène Péré : HPV signifie Human Papillomavirus. C’est un virus qui infecte l’homme et qui fait partie d’une grande famille, celle des papillomaviridae, qui infectent l’homme au niveau des cellules cutanées au niveau de la peau, et qui donnent notamment les verrues vulgaires. Mais ce sont aussi des virus qui peuvent infecter les muqueuses génitales, anales ou ORL. Ils peuvent aussi aboutir à des verrues qu’on appelle des condylomes, mais parfois également à des lésions pré-tumorales et des cancers au niveau de ces trois muqueuses.
Comment se transmet-il ? Pendant les rapports sexuels ?
Tout à fait. C’est l’infection sexuellement transmissible virale la plus fréquente dans le monde. Il est aussi possible d’être infecté au moment de la naissance, par transmission par la mère au moment de l’accouchement par voie basse. Mais c’est essentiellement en effet une IST, une infection sexuellement transmissible.
Si on en parle aujourd’hui, c’est parce qu’on n’est pas impuissant face à ce virus. Comment est-ce qu’on s’en prémunit ? Il y a un vaccin?
Oui, il y a un vaccin extrêmement efficace contre les deux génotypes HPV qui sont à l’origine des condylomes et contre les HPV à haut risque oncogène qui sont responsables des cancers, comme celui du col de l’utérus. Mais il n’y a pas que les cancers du col, il y a aussi les cancers du canal anal. Plus de 90 % sont liés à cette infection. Et les cancers, moins connus, de la sphère ORL, notamment les cancers de l’oropharynx.
« En France, le nombre de cancers oropharynx liés à HPV a doublé en dix ans. »
Hélène Péré, professeure au service de microbiologie de l’hôpital Georges Pompidouà franceinfo
Est-il recommandé, ou obligatoire ?
Il est recommandé, mais pas obligatoire. Il est recommandé entre onze et quatorze ans, en amont de l’entrée dans la vie sexuelle, pour permettre aux jeunes d’avoir des anticorps au moment de la rencontre avec le virus. Pratiquement tout le monde va le rencontrer au cours de sa vie sexuelle, donc personne ne va y échapper. Bien heureusement, la grande majorité des gens s’en débarrasse sans symptômes mais il reste 10 % des cas où l’infection reste persistante. La vaccination se fait avec deux doses entre onze et quatorze ans révolus. Mais on peut rattraper toute la population, jeune femme ou jeune homme, jusqu’à 26 ans. On va à ce moment-là faire trois doses de vaccin pour être sûr d’être le plus efficace.
Et après 26 ans, qu’est ce qui est possible ?
Certains pays peuvent préconiser la vaccination jusqu’à 45 ans, comme aux États-Unis. En soi, il est possible de se faire vacciner mais l’efficacité du vaccin diminue avec l’âge. Il est donc primordial de vacciner les jeunes le plus tôt possible pour avoir une meilleure efficacité.
Au-delà de 26 ans, on peut donc demander mais on ne sera pas remboursé.
Exactement.
Il y a aussi un dépistage. En quoi consiste-t-il, pour le cancer du col de l’utérus, par exemple ?
Il y a deux cancers qui peuvent aujourd’hui se faire dépister en France. Le cancer du col de l’utérus chez la femme, à partir de 25 ans, grâce à une cytologie, qui consiste à récupérer des cellules du col chez la femme pour vérifier qu’il n’y a pas d’anomalie.
Et l’autre cancer ?
C’est le cancer du canal anal. Ce dépistage systématique a été proposé dans une partie de la population particulièrement à risque, composée d’hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes de plus de 30 ans « VIH+ », les femmes ayant des antécédents de lésions au niveau de la vulve ou de cancers de la vulve, et les femmes transplantées sous immunosuppresseurs, dont l’immunité a extrêmement faibli depuis plus de dix ans.
Source:
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