Les outre-mer, déjà frappés par la vie chère, vont-ils entrer en ébullition si le choc pétrolier lié à la guerre en Iran s’installe dans la durée ? Bien que les prix des carburants et les marges de leurs distributeurs soient encadrés depuis 2014 dans ces territoires, la pression est montée à l’approche du 1ᵉʳ-Mai.
En Guadeloupe, en Guyane ou à Mayotte, le litre de gasoil à la pompe a franchi la barre des 2 euros. En Nouvelle-Calédonie, le prix du gasoil a pour la première fois dépassé l’essence, ce que la collectivité avait réussi à éviter par des mesures décidées après l’invasion de l’Ukraine en 2022. En Polynésie, le gouvernement a indiqué que les 29 millions d’euros d’argent public injectés pour réguler les prix ne suffiraient plus à partir de juin.
Auditionnés jeudi 30 avril par la délégation aux outre-mer de l’Assemblée nationale, les deux principaux groupes pétroliers concernés, Total et Rubis, ont été froidement cueillis. « Nous sommes conscients de la charge que représente le carburant dans le budget des familles », a exposé Eric Fanchini, directeur des opérations outre-mer de TotalEnergies, pour qui la priorité – tenue – consiste à « éviter toute rupture d’approvisionnement ». Les deux groupes ont affirmé que la marge des distributeurs (9 % en brut et 2 % en net) couvre simplement leurs frais et qu’ils ne sont par ailleurs pas libres d’accéder aux stocks stratégiques sans autorisation de l’Etat. « Nous ne bénéficions d’aucun effet d’aubaine lié à la crise actuelle », a assuré Florian Cousineau, directeur général de Rubis, qui n’a pas d’activité de production contrairement à son concurrent. « A vous entendre, il n’y a pas de sujet, a rétorqué le député socialiste de Guadeloupe Elie Califer, mais nos populations ne sont pas aussi tranquilles que vous. Nous craignons de nouvelles émeutes ».
Il vous reste 67.69% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source:
www.lemonde.fr





